Traité transatlantique : Merkel, nous voilà

Revue de presse par  Michel Pourcelot

©Jess HURD/REPORT DIGITAL-REA

Le traité de libre-échange transatlantique, dit aussi PTCI ou TTIP en anglais (ex-TAFTA), est revenu au premier plan dans les médias à l’occasion du début de la visite en Allemagne du président des États-Unis, le 24 avril. Aperçus de la presse au-dessus de la ligne bleue des Vosges.

Le Figaro
« Les longues négociations du traité transatlantique reprennent de plus belle. Un nouveau tour de discussions s’ouvre cette semaine à New York. Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont mis dimanche leur poids dans la balance pour défendre ce projet » et ce « malgré l’opposition croissante qu’il suscite des deux côtés de l’Atlantique ». Vite avant que la colère ne monte : « La chancelière allemande Angela Merkel lui a fait écho en déclarant qu’il fallait "utiliser la chance" de cette "fenêtre de tir serrée". "Cela ne va pas se représenter vite", a-t-elle affirmé ». Signons vite tant qu’on est dans la fenêtre de tir. Mais qui est la cible ?

Le Monde
En tous cas, pas l’actuel gouvernement allemand : « ce qui était surtout frappant, dans le discours du président américain, était l’insistance avec laquelle il a fait l’éloge d’Angela Merkel. Il a littéralement porté son "amie Angela" aux nues, louant sa constance, son leadership et sa loyauté ». Ich bin ein Berliner. Ou l’inverse.

L’Alsace
« Pourtant, au sein même du gouvernement allemand, l’accord est loin de faire l’unanimité. Son numéro deux, le ministre social-démocrate de l’Economie, Sigmar Gabriel, refuse d’avaler tout cru un texte qu’il résume pour l’instant à la devise : "Achetez américain". Le traité "va échouer" si les États-Unis ne font pas de concessions, a-t-il averti ». En bon négociateur. Dans la rue c’est différent : « Samedi, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans les rues d’Hanovre. Organisations non gouvernementales (ONG) et syndicats dénoncent depuis des mois ce projet qui nivelle, selon eux, les normes sanitaires européennes par le bas, et laisse la possibilité aux multinationales de contester les lois d’un État devant une justice d’arbitrage. Le scepticisme enfle des deux côtés de l’Atlantique. Selon un sondage de la fondation Bertelsmann, seuls 17% des Allemands et 15% des Américains pensent que le TTIP est « une bonne chose" ».

Libération
Et de ce coté-ci du Rhin ? « Paris, opposant de la dernière heure. Après deux ans de discrétion, François Hollande durcit son discours sur le Tafta. Une occasion de réconcilier la gauche et d’apparaître comme un protecteur de l’Europe ». Un coup d’épée dans l’Atlantique.

La Dépêche
Qui laisse ouvert la voie vers l’Eldorado : « le Medef qui soutient le TTIP table sur une croissance économique supplémentaire entre 0,5 et 1,5 point supplémentaire. Quand l’économie tricolore peine à afficher 1,1 % de croissance, le traité pourrait bien apparaître comme une vraie bouée de sauvetage pour l’économie du Vieux continent qui peine toujours à redémarrer ». A moins que ce ne soit or pour les uns, plomb pour les autres.

 Michel Pourcelot Journaliste à L’inFO militante

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