Un plan libéral pour un hôpital-entreprise au service d’une médecine libérale

Communiqué de FO par Serge Legagnoa

© HAMILTON/REA

Le chef de l’État vient d’annoncer le plan de transformation de notre système de santé après avoir dressé un constat des multiples difficultés du système de soins.

Force Ouvrière n’a eu de cesse de répéter depuis des dizaines d’années l’impérieuse nécessité de développer la prévention et de dénoncer le rationnement organisé des soins pour des impératifs strictement budgétaires. Sur ce point, le Président de la République donne raison à FO et nous saluons l’abandon du numerus clausus, dont les effets ne pourront se faire sentir que dans 10 ans… Même si cela pose d’autres questions non résolues sur les moyens qui seront mis à disposition pour accueillir les étudiants sur l’ensemble du parcours d’étude.

Pour ce qui est de l’offre de soins, Force Ouvrière estime nécessaire ou utile le décloisonnement ville-hôpital, l’exercice coordonné, l’abandon de la T2A, les hôpitaux de proximité, la réforme des études de médecine, etc. Mais la transformation annoncée est claire : libéraliser le secteur de la santé. L’hôpital public est dans un tel état d’espérance et de désespérance qu’il méritait bien plus en termes de moyens et de reconnaissance, notamment par une augmentation généralisée des salaires et un renforcement concret des effectifs. Faut-il rappeler que les praticiens hospitaliers sont parmi les moins bien payés des systèmes de santé développés ? Au contraire, c’est un pas supplémentaire vers l’« hôpital-entreprise », avec des cadres-managers rémunérés à l’intéressement, gestion issue du privé lucratif. Lequel sera d’ailleurs mis au même niveau que les établissements publics, tous réunis au sein des GHT. Et si Force Ouvrière pourrait se satisfaire de la suppression de la T2A, la tarification à la qualité pourrait, elle, être un désastre.

Et d’annoncer 1,5 milliard d’économies malgré un Ondam (Objectif National de Dépenses de l’Assurance Maladie) relâché avec seulement 400 millions d’euros supplémentaires, soit 0,002% des dépenses de santé remboursées… « niet » pour l’hôpital, ce sera surtout pour ces nouveaux « professionnels de santé », les assistants médicaux, de fait véritables « ubérisés » où ces personnes devront cumuler fonctions de santé et fonctions administratives.

Force Ouvrière condamne l’ampleur des attaques libérales subies à nouveau par l’ensemble du monde de la santé publique, et rappelle que seul un plan élaboré avec les organisations syndicales serait en capacité de répondre aux besoins réels, tant du personnel concerné que des patients et assurés.

Serge Legagnoa Secrétaire confédéral au Secteur de la Protection Sociale Collective

Les derniers communiqués Tous les communiqués

Déconfinement phase 2 – réaction FO

Communiqué de FO par Yves Veyrier

La confédération FO constate que la phase 2 du déconfinement, telle que présentée par le Premier ministre, du fait du ralentissement - évidemment attendu par tout un chacun - de l’épidémie de Covid-19, conduit à une accélération de reprise d’activité dès le 2 juin dans nombre de secteurs.

Chiffres du chômage : vers une crise sociale sans précédent

Communiqué de FO par Michel Beaugas

La Dares et Pôle emploi ont publié ce jour, des indicateurs du marché du travail spécifiques à la crise sanitaire pour le mois d’avril 2020. Malgré le recours systématique à l’activité partielle et la mise en place du « travail à domicile » ou « télétravail » dans des conditions souvent aléatoires, les (...)

Transfert de la dette sociale et dépendance : réaction FO

Communiqué de FO par Serge Legagnoa

Le Gouvernement vient de saisir les caisses nationales de la Sécurité sociale pour avis sur un projet de loi organique et un ordinaire, relatif au transfert de l’essentiel de la « dette Covid » à la caisse de la dette sociale (la CADES), pour un montant prévu de 136 milliards d’euros, et un report de l’extinction de la dette sociale à 2033 alors qu’elle devait s’éteindre en 2024.