Unions départementales : rencontre avec cinq nouveaux secrétaires généraux

Les Dossiers de l’InFO militante par Ariane Dupré, Valérie Forgeront, Clarisse Josselin, L’inFO militante

Pyrénées-Atlantiques, Charente, Côte-d’Or, Vendée et Seine-et-Marne. Ces derniers mois, ces cinq unions départementales ont renouvelé leurs instances. De nouveaux secrétaires généraux ont ainsi pris les rênes de ces structures FO de terrain œuvrant à l’échelon syndical interprofessionnel. Les nouveaux « SG » sont tous des militants – ou militantes – expérimentés, qui ont à cœur de faire vivre et développer leurs UD et d’étendre encore l’audience de FO sur leur territoire. Et tout cela bien sûr pour faire aboutir les revendications. Rencontre avec ces camarades.

Côte-d’Or : Jean-Pierre de Oliveira :  J’aimerais que les militants soient encore plus formés

J ean-Pierre de Oliveira, 60 ans, est depuis septembre 2025 le nouveau secrétaire général de l’UD FO de la Côte-d’Or. Carrossier de formation, salarié chez un concessionnaire Peugeot à Dijon, le militant, détaché à 100 % depuis huit ans, est bien connu de l’UD. Il a été élu de la commission exécutive, membre du bureau, puis secrétaire général adjoint. Jean-Pierre de Oliveira a aussi été conseiller aux prud’hommes de Dijon pour la section commerce. Parmi ses priorités, le nouveau secrétaire général entend accroître la formation des militants, ce qui, explique-t-il, participe aussi d’un objectif de développement de l’UD, laquelle réunit déjà 125 syndicats. Cet effort pour la formation a déjà commencé. Ainsi récemment, un stage destiné aux futurs conseillers prud’homaux et conseillers des salariés a été organisé.  J’aimerais que les militants suivent régulièrement des formations en droit du travail et en négociation syndicale. C’est important, car bien formé, un délégué peut mieux faire entendre ses revendications. Il peut aussi mieux transmettre des connaissances aux autres camarades et se faire connaître en ayant défendu un salarié. Tout cela, de fil en aiguille, peut permettre une progression syndicale lors des élections et donc, cela favorise le développement de l’organisation, analyse Jean-Pierre de Oliveira.

Du congrès confédéral aux élections dans la fonction publique…

Le planning 2026 de l’UD est déjà bien rempli. Outre l’accueil du congrès confédéral de FO en avril à Dijon,  on se prépare pour les élections dans la fonction publique. Dans le privé, il va y avoir pas mal de protocoles d’accords pré-électoraux à renégocier. Ça va donc être une année bien chargée !. La préparation des élections dans le public se traduit notamment par de nombreuses visites de terrain, à la rencontre des militants et élus FO. Récemment, le secrétaire de l’UD a ainsi participé à une AG au sein du centre hospitalier de Semur-en-Auxois. Je suis frappé de voir combien, dans le privé comme dans le public, les conditions de travail se dégradent. Ainsi, dans le public, on manque de profs, de soignants, les agents sont surchargés de travail... Plus globalement, il faut absolument améliorer les conditions de travail des salariés. On se bat pour ça et pour défendre tous leurs droits !

Ariane Dupré

Vendée : Pour Annabelle Étienne, il faut cultiver la notion de collectif

S ecrétaire du groupement départemental FO-Santé depuis quatre ans, Annabelle Étienne, 59 ans, est la nouvelle secrétaire de l’UD FO de Vendée depuis le 17 octobre 2025. Cette infirmière de métier reste aussi élue au CSE du Centre hospitalier départemental (CHD) de Vendée, à la Roche-sur-Yon, jusqu’à la fin de l’année 2026. C’est une année charnière. Je cumule un peu les mandats. Heureusement, on s’organise avec mes deux secrétaires généraux adjoints pour se répartir le travail. Dans cette UD qui comptabilise 400 adhérents isolés, la nouvelle secrétaire générale vise à ce qu’il y ait un développement du nombre de syndicats FO.

Développer les liens entre militants

Annabelle Étienne œuvre déjà aussi à la préparation des prochaines élections professionnelles dans la fonction publique de décembre 2026.  Ça va être notre principal enjeu, indique la militante, notant la très bonne implantation de FO en Vendée dans le secteur hospitalier ou encore le développement à réaliser au niveau de l’Éducation nationale. Quant aux élections professionnelles dans le privé, les renouvellements des CSE vont venir assez vite. J’ai proposé à la commission exécutive de créer des binômes de militants, salariés et retraités, pour aller négocier des protocoles d’accords préélectoraux.

Son rôle, Annabelle Étienne le voit comme celui d’une fédératrice au sein de l’UD. D’abord, je pense que l’adhésion syndicale se fait par des rencontres. Par ailleurs, nous sommes avant tout à l’UD un ensemble de travailleurs issus du public, de l’industrie ou encore des services. Nous nous retrouvons dans les valeurs de FO. Il faut donc cultiver ce collectif. Les militants ont besoin d’échanger sur leurs problèmes spécifiques comme sur leurs réussites. Ils ne veulent pas rester isolés. La secrétaire générale a donc lancé l’organisation de réunions d’élus par secteur d’activité, en particulier autour des salaires. On a commencé par l’agroalimentaire, qui est un secteur important en Vendée. Ça permet à nos syndicats d’échanger sur leurs stratégies de négociation salariale. La militante constate en effet les difficultés importantes à négocier des NAO dans le département.  Les employeurs repoussent les échéances ou arrivent à des propositions difficilement acceptables. Il faut se battre sur ce terrain.

Ariane Dupré

Pyrénées-Atlantiques : Yannick Hervouet, La priorité est de préparer le nouveau cycle des élections CSE

A près deux mandats en tant que trésorier adjoint, Yannick Hervouet, 50 ans, a été élu secrétaire général de l’UD des Pyrénées-Atlantiques le 19 septembre, à la suite d’Hervé Larrouquère. Cet enseignant dans le primaire, titulaire remplaçant, a adhéré au SNUDI-FO en 2013, lors de la bataille sur les rythmes scolaires, qui a fait passer à quatre jours et demi la semaine à l’école.  FO était un peu le seul syndicat qui revendiquait avec des valeurs de liberté et d’indépendance vis-à-vis des partis politiques, et qui faisait passer les intérêts des enseignants avant tout, explique-t-il.

Le département des Pyrénées-Atlantiques, qui compte 650 000 habitants, est bicéphale, avec d’un côté la côte du Pays basque, assez touristique, et de l’autre le bassin d’emploi de l’agglomération de Pau. Entre les deux, on trouve une zone rurale désertée par les services publics. Il existe un vrai problème de coût du logement dans le département avec une offre locative réduite et une quasi-impossibilité d’accéder à la propriété. Cela ne permettant plus à nombre de salariés de se loger dans des conditions décentes.

Développer la communication

Pour le mandat à venir, la priorité de Yannick Hervouet est de préparer le nouveau cycle des élections CSE. Ça va commencer en avril et le rythme va s’accélérer. Il y aura beaucoup de protocoles d’accords pré-électoraux (PAP) à négocier, poursuit-il. Son objectif, être en capacité de négocier ces PAP, trouver des équipes pour essayer d’implanter FO dans de nouvelles entreprises et, là où FO est déjà implanté, tenter de faire mieux en termes de représentativité. Le développement est essentiel car naturellement, on perd des voix, notamment à cause des départs en retraite et du regroupement des CSE, explique-t-il. Il n’oublie pas non plus, en fin d’année, les élections dans la fonction publique et celles à l’AFOC.

Le nouveau secrétaire général réfléchit aussi à développer la communication sur les réseaux sociaux. C’est essentiel, car aujourd’hui il y a des gens qui ne s’informent que de cette manière. Mais c’est une réflexion sur le long terme, ça ne doit pas être fait n’importe comment, assure-t-il.

Clarisse Josselin

Seine-et-Marne : Pour Mario Lourenco, il faut  renforcer le collectif et fidéliser

Depuis le 11 septembre dernier, par un vote à l’unanimité de la commission exécutive de l’union départementale, Mario Lourenco est le nouveau secrétaire général de l’UD FO de Seine-et-Marne (FO est la troisième organisation dans le département). Il remplace Antoine Gamaury, qui, pour des raisons familiales, a décidé de démissionner en août dernier. Alors qu’un congrès de l’UD se tiendra en 2027, Mario Lourenco, 58 ans, père de trois grands enfants, a donc pris au pied levé les rênes de l’UD, qu’il connaît toutefois très bien puisqu’il est membre du bureau depuis 2015. L’échelon interprofessionnel n’est pas plus une découverte pour ce titulaire d’une licence en pédagogie appliquée, qui plus est issu de France Travail où les personnels sont rodés aux relations avec les entreprises. Le nouveau secrétaire général, qui était secrétaire d’un syndicat FO au sein de l’organisme – il a aussi créé le syndicat FO des OSDD de Seine-et-Marne –, a par ailleurs un parcours professionnel atypique qui a forgé son expérience en moult domaines.

Pour le développement, les PAP sont une mine d’or

En plus d’avoir beaucoup voyagé dans le cadre d’Opex (opérations extérieures) pour des missions qu’il a effectuées au cours de ses quinze années d’engagement militaire en tant que sous-officier de l’armée de terre de 1985 à 2000, Mario Lourenco, revenu à la vie civile, a travaillé pendant six ans comme directeur commercial dans une société de sécurité et télésurveillance. Il découvre la dureté de ce secteur d’activité et le peu de respect humain en entreprise. Dès 2000, il adhère à FO. Par cet engagement syndical, il entend pouvoir construire du collectif dans l’entreprise. Cette même volonté le guidera dans ses mandats à France Travail. Désormais, c’est au sein de l’UD. Il vise ainsi à renforcer le collectif militant, à fidéliser, à faire vivre les instances. Le développement de la formation syndicale, appuie Mario Lourenco, est essentiel au développement de l’organisation. Et celui-ci, en utilisant les nouveaux outils FO, passe aussi par le développement des implantations. Dans ce cadre, les PAP [protocoles d’accords électoraux pour les élections aux CSE dans le privé] sont une mine d’or, explique-t-il. Il faut aller les négocier et faire aussi du développement là où il n’y a que des adhérents isolés. En ce début d’année, se réjouit-il, un nouveau syndicat FO vient de se créer en Seine-et-Marne, dans une coopérative agricole.

Valérie Forgeront

Charente : Corinne Couvidat, Public, privé, les combats sont les mêmes

Corinne Couvidat, 54 ans, a été élue secrétaire générale de l’UD FO de Charente le 7 novembre dernier. Membre du bureau depuis 2013, elle est également secrétaire du groupement départemental FO-Santé depuis 2012, et bénéficie d’un détachement syndical à 100 % du temps depuis 2024.

Infirmière en Ehpad, un métier qu’elle aime profondément, elle a pris sa carte à FO en janvier 1996.  Deux semaines après mon embauche, à la sortie de l’école, j’étais dans le bureau de la direction pour dénoncer des faits de maltraitance. J’ai adhéré ce même jour à FO, l’un des deux syndicats implantés dans l’établissement. Je suis arrivée par hasard à FO, mais aujourd’hui je suis très attachée aux valeurs de l’organisation et je sais pourquoi j’y suis restée, raconte cette mère de trois enfants.

Si son nouveau mandat lui fait un peu peur, avec beaucoup de choses à apprendre, elle se sait bien entourée, tant au niveau local que régional ou national. Je suis soignante dans l’âme. J’aime les gens et le contact humain. J’ai besoin d’être entourée et de travailler en équipe, poursuit-elle.

Développer la formation syndicale

Pour le mandat à venir, outre l’enjeu des élections dans la fonction publique en fin d’année, cette militante passionnée ne manque pas d’idées. Elle souhaite notamment renforcer l’échelon interprofessionnel.  C’est ce qui fait la force d’une confédération, rappelle Corinne Couvidat. Elle envisage d’organiser régulièrement des réunions thématiques. Des militants du privé et du public pourront discuter ensemble de différents sujets, comme les retraites ou les mutuelles, pour se rendre compte qu’il n’y a pas tant de différences et que le combat est le même pour tous, poursuit-elle.

Autres objectifs, développer la formation syndicale auprès des militants. Et booster la vie de l’UD en faisant revenir les camarades dans les locaux.  Ils vont impulser ce qu’ils souhaitent pour le mandat à venir, on va construire ensemble, poursuit la secrétaire générale. Déjà, un service de communication s’est mis en place, qui a pris en main les réseaux sociaux et envisage de créer un nouveau logo pour l’UD.

Clarisse Josselin

Ariane Dupré Journaliste à L’inFO militante

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération