Yves Kottelat (SPS-FO) : « Priorité au développement et à la satisfaction des revendications »

Congrès de la fédération des services publics et de santé FO par Françoise Lambert

Luc Delrue, Yves Kottelat et Denis Basset, lors du XXVIIIe Congrès de la Fédération des Services publics et de Santé FO à Rouen du 14 au 18 janvier 2019. Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le congrès de la fédération des services publics et de santé FO (SPS-FO) s’est tenu du 14 au 18 janvier 2019 à Rouen en pleine crise sociale, alors le mouvement des gilets jaunes se poursuit et que le gouvernement a ouvert un grand débat national pour tenter de calmer la colère sociale qui s’est emparée du pays. Quelle est la position de la fédération dans ce contexte particulier ?

Yves Kottelat : Le grand débat, ce n’est pas pour nous. Le rôle du syndicat, c’est de faire valoir les revendications, y compris par la grève quand c’est nécessaire, et c’est d’être assis à la table de négociation avec les employeurs et l’État. Dans sa résolution générale, le congrès a appelé tous les syndicats à se mobiliser. Dans un premier temps, nous serons présents dans le cadre de l’action inter- fonction publique, du périple Le Have-Paris, la première semaine de février, pour déposer à Matignon notre cahier de revendications.

Dans les deux branches de la fédération, celle de la santé et celle des collectivités territoriales, les salariés sont confrontés à des attaques sans précédent contre leurs droits et contre le service public. Comment cela se traduit-il concrètement dans chacune des branches ?

Yves Kottelat : Pour les deux branches, cela se traduit par des réductions de budget et donc par des diminutions d’effectifs qui entraînent des conditions de travail dégradées pour les salariés, et par une diminution de la qualité du service public pour les usagers. Les gouvernements successifs ont pratiqué et pratiquent une politique qui ne prend pas en compte les besoins nécessaires pour assurer un service public de qualité, conforme à la devise républicaine —liberté égalité fraternité —. Au contraire c’est une logique purement financière, dans le cadre d’une politique d’austérité ultralibérale, qui est mise en oeuvre.
Dans la territoriale, les contres réformes successives depuis 2010 aboutissent à des fusions de collectivités. Cela entraîne pour les personnels des déplacements de lieux de travail, des changements d’affection, des remises en cause des horaires, des organisations de travail et des acquis sociaux (protection sociale complémentaire, primes, avancement de grade...).
La fonction publique hospitalière connaît aussi des fusions d’établissements, notamment avec la mise en place des Groupements hospitaliers de territoire. Les diminutions d’effectifs, les fermetures de lits, de services, voire d’établissements, s’accélèrent. Et le plan Santé 2022 n’est que la continuité de cette politique de destruction de l’hôpital public.

Quelles revendications la fédération va-t-elle porter après son congrès ?

Yves Kottelat : Nos principales revendications sont l’augmentation des salaires, la titularisation des contractuels, la préservation des services publics, et le maintien des hôpitaux et des maisons de retraite publiques. Nous réclamons aussi l’abandon du projet de loi Santé 2022, du projet de loi de réforme de la fonction publique et du projet de régime de retraite universel par points. L’abandon des projets de fusions de départements et des projets d’intégrations des départements dans des métropoles ou d’autres collectivités locales figure aussi dans notre cahier de revendications.

Quelles sont les priorités de la fédération pour les trois prochaines années du mandat qui s’ouvre ?

Yves Kottelat : Notre première priorité, c’est le développement. Il s’agit d’accroitre le nombre de nos adhérents et de nos syndicats. Nous allons faire un bilan détaillé du résultat de nos élections professionnelles, avec l’appui d’un outil de cartographie. Cela nous permettra de mettre en place les conditions nécessaires pour aider toutes nos structures — syndicats, groupements départementaux et régions — à améliorer leurs résultats. Notre objectif, c’est de gagner les élections professionnelles de 2022. La formation syndicale de nos militants sera aussi au cœur de nos préoccupations dans le cadre du développement.
Une autre de nos priorités, évidemment, c’est d’établir le rapport de force nécessaire à la satisfaction de nos revendications.

Tu ne renouvelleras pas en avril prochain ta candidature au secrétariat fédéral, ni donc aux fonctions de secrétaire général de la fédération. Quel a été ton parcours syndical et continueras-tu à militer ?

Yves Kottelat : Adhérent depuis 1975 au syndicat FO des communaux de Besançon, j’ai aussi milité au niveau interprofessionnel, puisque j’ai été trésorier de l’Union départementale FO du Doubs pendant vingt-sept ans, de 1978 à 2005. Je suis alors entré au secrétariat fédéral de la SPS-FO en tant que trésorier général, une fonction que j’ai occupée jusqu’en 2012. J’ai ensuite été secrétaire général adjoint de la fédération, avant d’être élu au poste de secrétaire général en avril 2016.
Je vais continuer à militer. J’ai d’ores et déjà un mandat au CESE (Conseil économique, social et environnemental, NDLR) jusqu’en décembre 2020 et je resterai totalement disponible pour l’organisation syndicale FO.

Françoise Lambert Journaliste à L’inFO militante - Santé - Retraite

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