Communiqué de FO

AFPA : des annonces imminentes

, Nathalie Homand

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

La Confédération accompagnée de la FNEC-FP et de la section fédérale de l’AFPA a été reçue hier par le nouveau président de l’AFPA et la directrice générale.

Le président de l’AFPA nous a confirmé que le 18 octobre prochain serait présenté « un projet de réorganisation de l’AFPA » lors du conseil d’administration et du CCE qui se tiendront le même jour à la même heure.

La délégation Force Ouvrière a réaffirmé son attachement à l’existence de l’AFPA sur ses missions historiques, proposer aux salariés et aux demandeurs d’emplois des formations qualifiantes.

FO a confirmé son opposition à la disparition du Congé Individuel de Formation (CIF) désormais intégré au Compte Personnel d’Activité (CPA).

La délégation a indiqué que l’État devait prendre ses responsabilités pour assurer la pérennité de l’AFPA. Ni les fermetures de centres, ni les fermetures de formations, ni les suppressions de postes et donc d’emplois ne seraient acceptables.

Le président et la directrice générale de l’AFPA, sans vouloir dévoiler les annonces qui seront faites le 18 octobre, ont indiqué qu’il s’agissait d’adapter l’AFPA au contexte marqué par l’aggravation des déficits et les conséquences de la concurrence en élargissant ses missions en direction des travailleurs les plus éloignés de l’emploi pour leur donner accès à l’employabilité.

Le président et la directrice générale n’ont pas dissimulé que les annonces à venir constitueraient un choc et indiqué qu’il y aurait ensuite une période de discussion jusqu’en mars prochain.

La délégation FO a confirmé ses demandes et revendications et exprimé sa disponibilité pour poursuivre les discussions à tous les niveaux sur l’avenir de l’AFPA.

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Éphéméride

20 octobre 1876

Le congrès de la salle de la rue d’Arras
Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne. Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, (...)

Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne.

Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, le gouvernement dissout la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris. Un an plus tard, une restauration monarchiste échoue de très peu. Mais aux élections législatives de février-mars 1876, royalistes et bonapartistes n’obtiennent que 155 sièges contre 360 aux républicains. Or, ces derniers ne sont pas hostiles au mouvement ouvrier. Les travailleurs de Besançon en profitent et créent le premier syndicat de l’horlogerie en 1876, en liaison avec le puissant mouvement suisse.

C’est dans ce contexte qu’a lieu le congrès de la salle d’Arras, à Paris, le 20 octobre 1876. Les chambres syndicales parisiennes réussissent à organiser un congrès réunissant 360 délégués dont 255 de Paris. D’entrée le Comité d’initiative se démarque du politique. Il déclare, avec des accents qu’on qualifierait aujourd’hui d’ouvriéristes : « Tous les systèmes, toutes les utopies que l’on a reprochés aux travailleurs ne sont jamais venus d’eux. Tous émanaient de bourgeois, bien intentionnés sans doute, mais qui allaient chercher les remèdes à nos maux dans des idées et des élucubrations, au lieu de prendre conscience de nos besoins et de la réalité ».

Le congrès réclame la liberté de réunion et d’association, le droit au travail, un salaire décent et les assurances chômage, vieillesse et maladie. Il affirme sa volonté d’indépendance vis-à-vis de l’État, des partis et de l’idéologie socialiste pour se pencher sur l’étude pratique des revendications citées en introduction par le Comité d’initiative. Il est remarquable que, durant la réunion, seuls les ouvriers eurent le droit de s’exprimer. Ce congrès, où se côtoient des mutualistes, des coopérateurs et des syndicalistes, est, à sa manière, un pas vers la construction du syndicalisme autonome.

Les communards socialistes en exil, par la plume d’Édouard Vaillant, critiquent violemment cette autonomie d’action, traitant les délégués de « syndicaux de formation versaillaise, auxiliaires et point d’appui du monde bourgeois ». Cette forme d’indépendance syndicale dérange, dans les rangs des militants marxistes comme Vaillant et Chabert. En revanche, proudhoniens et positivistes résistent à la propagande politique. Les collectivistes repassent à l’offensive lors du troisième congrès de Marseille en octobre 1879. Ils réussissent à faire voter un texte demandant « la collectivité du sol, du sous-sol, des instruments de travail et des matières premières ». Ils tentent, sans succès, d’affirmer la primauté du politique sur le social. Leur but ultime : la création d’un parti des travailleurs. Mais le syndicalisme français résista à cette tendance, contrairement à ses homologues allemands, belges et hollandais.