Assurance chômage : des économies au prix de la douleur

Toute l’actualité par Valérie Forgeront

Marta NASCIMENTO/REA

C’est le 1er novembre que prennent effet les nouvelles conditions d’indemnisation en matière d’Assurance chômage. FO condamne leur impact désastreux sur les demandeurs d’emploi. L’Unédic confirme les dégâts à venir.

FO n’a pas mâché ses mots concernant cette réforme "injuste et inutile", qui vise autour de 3,4 milliards d’euros d’économies d’ici à 2022 et dont "les conséquences vont être désastreuses : les plus précaires voyant le montant de leur indemnisation baisser, quand ils ne seront pas tout simplement exclus du système d’indemnisation". Parmi les mesures contestées : l’obligation d’avoir travaillé 6 mois au cours des 24 derniers mois (contre 4 mois sur 28 actuellement) pour ouvrir des droits à l’Assurance chômage. Quant aux nouvelles règles pour recharger ses droits, il faudra avoir travaillé six mois (contre un actuellement) durant la période de chômage pour prolonger d’autant la durée d’indemnisation. Le 22 octobre, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, se félicitait, elle, de ce durcissement qui va impacter la moitié des demandeurs d’emploi selon l’Unédic. "Oui, les règles sont plus dures mais dans un contexte où il y a de l’emploi", lançait la ministre sur une radio. Et de préciser : "Quand le marché est dynamique, il faut retourner à l’emploi », ou encore « ce n’est pas un but à vie, pour personne, d’être à l’Assurance chômage. C’est un filet de sécurité entre deux emplois".
Des dépenses en recul de 10 % en 2022

Les demandeurs d’emploi, dont ceux en activité réduite, apprécieront l’image du filet de sécurité. Le gouvernement s’est en effet empressé de le démailler dès lors que les organisations syndicales, FO notamment, ont refusé – dans le cadre d’une négociation biaisée et mise en échec par une lettre de cadrage imposant la notion de contrainte budgétaire – de donner leur assentiment au projet patronal visant à rejeter toute sanction d’ampleur contre les contrats courts. Depuis, les mesures prises par le gouvernement ont leurs conséquences, douloureuses. FO rappelle par exemple que les demandeurs d’emploi en activité réduite ne pourront plus bénéficier du cumul emploi-allocation, ce qui risque de les contraindre "à solliciter les minima sociaux ou encore le travail non déclaré". Dans son étude d’impact des mesures engagées, l’Unédic note qu’en 2022 "les dépenses d’allocation baisseront d’environ 10 %", et que par ailleurs "l’allocation perçue sera en moyenne 6 % plus faible". Des économies qui seront donc obtenues sur le dos des demandeurs d’emploi.

Nouvelles règles de l’assurance chômage

Elles seront mises en place à partir du 01 novembre 2019.

• Durée minimale de travail
Pour avoir droit au chômage, il faudra avoir travaillé 130 jours (910 heures soit 6 mois) sur les 24 derniers mois (contre 4 mois sur les 28 derniers mois jusqu’à présent).

• Rechargement des droits
Le seuil minimum sera porté à 6 mois (contre 1 mois à ce jour). Il faudra avoir travaillé 6 mois pour bénéficier du rechargement de ses droits.

• Réduction de l’indemnité en fonction des revenus
Les salariés ayant des revenus supérieurs à 4 500 € bruts par mois subiront une réduction de leur indemnité de 30 % à partir du 7e mois avec un plancher fixé à 2 261 € nets par mois.

• Démission
Les salariés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise pourront bénéficier de l’assurance chômage en cas de démission pour réaliser un projet professionnel.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

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