Au sein de la société d’assurance Mutex (groupe VYV), un combat de longue haleine pour les salaires

InFO militante par Chloé Bouvier, L’Info Militante

Ils demandent une augmentation générale des salaires à hauteur de 8 %, avec un minimum de 250 euros. Près d’un quart du personnel de la société d’assurance Mutex étaient en grève le 2 juin. Alors que le groupe VYV dont relève la société est secoué par les mobilisations pour les salaires, la direction de Mutex continue à faire la sourde oreille. Les salariés envisagent une nouvelle mobilisation.

Le combat pour la hausse des salaires continue au sein du groupe VYV, premier groupe mutualiste de santé et de protection sociale. Après une mobilisation de la MGEN en février puis celle de l’entièreté du groupe le 24 mars, ce sont cette fois un quart des salariés de la société d’assurance Mutex (600 salariés) qui se sont mis en grève, le 2 juin indique Fabien Roussel, délégué syndical FO au sein de l’entreprise, précisant que cette action a reçu le soutien de la section fédérale des assurances de la FEC-FO.

Le personnel de la société d’assurance revendique une augmentation générale des salaires à hauteur de 8 %, avec un minimum de 250 euros mensuels. Rien d’étonnant.

Pas de revalorisation salariale depuis 2018

En effet, cela fait quatre ans que les salariés n’ont connu aucune amélioration de leur feuille de paie. La dernière revalorisation date de 2018, et elle était minime, autour de 1 %, détaille le militant. Depuis, seules des augmentations individuelles ont été données, et là encore les montants sont ridicules.

Face au refus de la direction de tenir compte de la forte inflation, les salariés, qui s’étaient prononcés pour une nouvelle grève —après celle de mars— lors d’une AG le 17 mai, ont donc décidé de se rassembler le 2 juin au siège de Mutex à Châtillon, près de Paris. Les salariés en télétravail étaient invités à se déconnecter du réseau de l’entreprise. Ce mouvement de grève est lourd de sens dans le secteur des assurances où la culture de la mobilisation est plutôt faible, voire absente, souligne Fabien Roussel.

Alors que les prévisions concernant l’inflation montrent qu’elle pourrait être encore plus forte qu’actuellement sur l’année 2022, les salariés exigent que la direction se préoccupe du dossier des salaires. Lors des NAO de novembre, j’ai dit au DRH que le gouvernement lui-même demandait aux entreprises de faire un effort sur les salaires. On m’a répondu que les conseilleurs n’étaient pas les payeurs, ce qui sous-entendait que cette augmentation salariale n’était pas à l’ordre du jour, explique le délégué syndical. Pourtant, l’entreprise a engrangé plus de 22 millions d’euros de bénéfice l’année dernière. Mais aucune redistribution aux salariés n’est prévue.

Vers une deuxième journée de mobilisation ?

Le dialogue de sourd avec la direction semble continuer. À la suite de la mobilisation du 2 juin, si la direction a reçu la délégation, c’est avec des propositions bien en deçà des revendications initiales. On nous a proposé la mise en place de tickets restaurant pour les jours de télétravail, une mesure qui limite le nombre de salariés bénéficiaires. La direction a également évoqué une prime de 750 euros brut pour chaque salarié, versée en une fois, indique le militant pour qui ces propositions sont ridicules face à la baisse du pouvoir d’achat des salariés.

Face à cette situation, les salariés ont décidé d’organiser le 14 juin une deuxième assemblée générale, avec pour objectif de décider d’une reconduction du mouvement.

Représentatif au sein de l’entreprise après avoir obtenu 12 % des voix lors des dernières élections professionnelles, FO Mutex compte bien faire aboutir la revendication. Nous nous mobilisons pour une augmentation générale des salaires, martèle Fabien Roussel. Le jeune délégué syndical, qui a pris ses fonctions en avril dernier, entend poursuivre son « travail de fourmis » pour informer ses collègues des positions du syndicat.

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