Portrait

Audrey Rosellini, déléguée FO chez C&A : « J’ai reçu un soutien sans faille de FO et de mes collègues »

, Françoise Lambert

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Victoire syndicale pour Audrey Rosellini, déléguée FO chez C&A. Le Conseil d’État vient de confirmer le refus de son licenciement.

16 mai 2018

C’est à cette date que le Conseil d’État a rejeté le pourvoi de C&A, confirmant ainsi le refus du licenciement de la déléguée FO.

Épilogue d’un long combat pour Audrey Rosellini, déléguée syndicale FO chez C&A, après cinq ans de procédures. Elle vient d’obtenir, au Conseil d’État, sa réintégration définitive au sein du magasin de Boulazac (Dordogne). La jeune femme de 38 ans, conseillère de vente, est entrée à FO en 2010 : Je me suis syndiquée car je craignais d’être licenciée, ma responsable me demandait de démissionner après un accident du travail. Audrey prend tout de suite un mandat syndical : J’ai compris que les syndicats étaient utiles.. Élue déléguée syndicale groupe magasins C&A, puis au comité d’entreprise en 2010, elle découvre bientôt que dans les petits magasins de la filiale Marca, on ne veut pas de syndicatsDes collègues qui adhèrent à FO sont licenciées, témoigne-t-elle. Arrive l’affaire.

Accusée de harcèlement

En 2013, je suis accusée de harcèlement contre ma responsable, accusée de la surveiller et de tenir des propos anxiogènes. Audrey reçoit une lettre pour un entretien préalable au licenciement. Après le refus de son licenciement par l’inspection du travail, la direction fait appel auprès de la Direction du travail, qui le refuse également. L’entreprise fait alors appel au tribunal administratif et c’est le début d’un long feuilleton judiciaire. La direction de C&A France est allée jusqu’à fermer mon magasin sept mois en 2013-2014, avec maintien des rémunérations, au motif que l’encadrement était en arrêt maladie, se souvient Audrey. La jeune femme sera finalement licenciée de juin à septembre 2017, avant d’être réintégrée d’office en octobre 2017. La direction fait alors appel auprès du Conseil d’État, qui vient, le 16 mai 2018, de rejeter ce pourvoi. L’ambiance est tendue mais je tiens bon, affirme Audrey. Cela a été très dur à vivre mais je me suis accrochée car je savais que je n’étais pas coupable. Et j’ai reçu un soutien sans faille de FO et de mes collègues. Audrey projette aujourd’hui de passer une licence en droit du travail. Pour continuer à défendre les salariés adhérents à FO, au sein de son UD.