L’annonce choc de la fermeture de l’usine Bosch, mettant 270 emplois en péril, ne passe pas. A l’initiative de Force Ouvrière, rendez-vous était pris, sur le parking de l’usine avec tous les salariés, pour former un cortège de plus d’une vingtaine de voiture pour une opération escargot de l’usine jusqu’à la place d’Allier, à Moulins, où les attendaient déjà près de 200 personnes. Après la prise de paroles, la manifestation s’est ébranlée dans les rues de la ville.
Incompréhension et colère
Symbole d’une désindustrialisation dans un département qui a connu d’autres fermetures d’entreprises, les salariés ont fait signer à la population une pétition Non à la fermeture de l’usine
. FO dénonce une décision, brutale, inqualifiable et irresponsable, est un arrêt de mort industriel porté au coeur de l’agglomération moulinoise, des communes d’Yzeure, d’Avermes et de tout le département de l’Allier. C’est un sabotage économique et social inacceptable, une honte pour l’industrie française
. La situation industrielle du département de l’Allier est en effet particulièrement dégradée depuis plusieurs années, marquée par des fermetures de sites, des plans sociaux et des menaces récurrentes sur l’emploi industriel, touchant de plein fouet les salariés, leurs familles et l’économie locale.
FO conteste d’autant plus la décision du groupe alors même que le Comité social et économique central, début décembre, validait une charge de travail pour 2026, voire 2027 rendant viable la pérennité d’un site performant.
Un nouveau rendez-vous le 17 février
Les salariés de Bosch ont appelé à une autre manifestation, invitant la population à les rejoindre, le 17 février devant la préfecture. Membres du CSE et syndicats sont invités par le préfet de l’Allier à le rencontrer à la veille d’une nouvelle réunion de négociation. Le bras de fer avec la direction a pris une tournure judiciaire, l’intersyndicale dénonçant le non-respect des convocations et consultations du Comité européen du groupe avant l’annonce au CSE de l’usine de Moulin. De même, selon l’intersyndicale, il s’agit d’un plan social anticipé, certaines pièces exclusivement produites à Moulins étant dorénavant produite en Allemagne depuis la fin 2025.
L’intersyndicale à laquelle FO participe portera les revendications, soit l’exigence notamment d’un report de la fermeture du site, voire du retrait immédiat et définitif du projet de fermeture, un plan social à la hauteur des gains
du groupe allemand, un plan de préretraites pour les salariés de plus de 50 ans et que Bosch recherche avec sérieux un repreneur.
Après avoir été reçue par le ministre de l’Industrie, l’intersyndicale exige des décisions concrètes et des engagements fermes, ainsi qu’une table ronde d’urgence sous l’égide de l’État, réunissant Bosch, les collectivités, les syndicats et surtout, les grands constructeurs automobiles français.
