L’équipementier automobile allemand Bosch, a annoncé, le 20 janvier en CSE, la fermeture, d’ici la fin de l’année, de son usine d’Yzeure dans la banlieue de Moulins dans l’Allier et de son site de recherche et développement de Vénissieux (Rhône). Les 265 salariés d’Yzeure, qui devaient fabriquer cette année 2,9 millions de correcteurs électroniques de trajectoire (ESP) pour notamment Stellantis (3008, 5008, C5 aircross...) et Renault (Duster, Capture...), ont été pris au dépourvu. Nous avions notre plan de charge jusqu’en 2029, et du jour au lendemain, plus rien !
, indique Abdelkader Kouba délégué syndical FO, syndicat majoritaire sur le site. Même sort pour les 39 salariés de la R&D de Vénissieux. Plus de 300 salariés vont perdre leur emploi.
300 suppressions d’emplois industriels
Si Bosch nous avait donné de nouveaux produits à fabriquer, nous aurions pu tenir encore des années, mais l’entreprise, qui est allemande, a décidé de tout rapatrier chez elle
, explique Abdelkader Kouba. Officiellement, l’usine d’Yzeure est en surproduction, la direction anticipant une baisse significative
de la demande en Europe dans un contexte de ralentissement économique. Nous équipons moins de voitures en ESP
, indique le délégué FO. Mais analyse-t-il, le sort de l’usine a été scellé lorsqu’elle est devenue mono-produit, il y a quelques années, quand, dans le même temps, Bosch investissait dans ses sites en Allemagne. La décision n’est donc pas industrielle mais politique
poursuit le militant. Pour FO Métaux, c’est un nouveau drame social qui frappe les équipementiers automobiles et le département de l’Allier. L’urgence est de trouver des solutions pour les 265 salariés, mais il est aussi vital de mettre fin à la catastrophique désindustrialisation qui ravage ce territoire.
PSE express
La direction veut rapidement fermer l’usine. Les syndicats ont déjà reçu son projet de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui couvre les salariés des deux sites. Les négociations démarreront lors du CSE central du 3 février. Nous avons obtenu qu’il se tienne à Yzeure
et non à St Ouen (Seine-Saint-Denis) où se trouve le siège, signale Abdelkader Kouba. Les premiers licenciements doivent intervenir en juin, à l’issue des quatre mois légaux de négociation, jusqu’à la fermeture fin 2026. Nous ne voulons pas d’un PSE au rabais, mais la même chose qu’à [Bosch] Rodez et Mondeville
, l’année dernière, déclare Abdelkader Kouba. Ainsi, FO demande que les salariés puissent partir en pré-retraite neuf ans avant l’âge légal, soit deux ans plus tôt que la proposition de la direction.
Pré-retraite pour la moitié des salariés
L’usine emploie de nombreux salariés âgés. Abdelkader Kouba a calculé que cette mesure d’âge couvrirait la moitié seulement des effectifs. L’autre moitié pourrait retrouver un emploi à Stellantis et à Safran, espère le délégué FO. Le syndicat demande également des indemnités supra-légales à la hauteur
, un décalage des licenciements à début 2027 car nous avons encore de la production
et un allongement du délai de négociation.
Outre un PSE exemplaire
, FO réclame l’engagement formel des constructeurs automobiles français à privilégier l’approvisionnement auprès des sites français (et européens dans la mesure du possible) pour l’équipement de leurs véhicules
. Une délégation intersyndicale à laquelle participait Abdelkader Kouba et Olivier Lefebvre, secrétaire fédéral FO Métaux, a rencontré Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, le 28 janvier, pour évoquer la situation de l’usine.
Bosch, qui a annoncé la suppression de 9 000 postes depuis 2024, a déclaré en septembre vouloir supprimer 13 000 postes supplémentaires d’ici 2030 en Allemagne.
