Budgets 2027 : vers une baisse encore plus sévère des dépenses publiques ?

InFO militante par Sandra Déraillot, Valérie Forgeront, L’inFO militante

© JPL/REA

E t revoilà la saison de présentation ― a priori, le 30 septembre ― des projets de textes budgétaires, le projet de loi de finances (PLF) et celui de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le gouvernement semble vouloir poursuivre l’axe des économies sur les dépenses publiques, visant un déficit public ramené si possible à 4,9 % (en tout cas pas au-delà de 5,1 % a précisé le ministre des Comptes publics), contre autour de 5,2 % cette année (selon la Banque de France) sur fond de croissance aplatie (0 % au second trimestre 2026) et de chômage en hausse, à 8,3 %. Cela impliquerait un effort d’une trentaine de milliards d’euros selon les observateurs. Le gouvernement, qui souhaite aucune hausse d’impôts, affiche quelques pistes. Dans la sphère de l’État, où plusieurs missions recevront moins de crédits et où le gel des salaires indiciaires risque encore de sévir, la trajectoire des dépenses devra être inférieure à l’inflation (évaluée en août à 2,4 % sur un an).

Les retraités dans le viseur

Sont aussi dans le collimateur gouvernemental les dépenses sociales. Après les mesures restreignant les prescriptions d’arrêts maladie, le gouvernement compte poursuivre dans la sévérité sur ce terrain. Le déremboursement de médicaments est aussi évoqué, de même qu’une désindexation des retraites de l’inflation (le seuil de pension à partir duquel cela s’appliquerait n’est pas précisé) ou une suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités. Selon le journal Les Échos, le gouvernement envisagerait aussi de ponctionner encore l’Unédic… déjà fragilisé du fait des moindres compensations d’exonérations par l’État sur 2023-2026, avec au final un manque à gagner de 12 milliards d’euros. La question des allègements de cotisations sociales patronales (autour de 80 milliards par an de manque à gagner en termes de recettes pour les comptes sociaux) devrait par ailleurs ressurgir dans les débats. Un rapport du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan a notamment proposé en juillet dernier un cadre pour l’évaluation des aides aux entreprises. La revendication portée inlassablement par FO sur la nécessaire conditionnalité des aides aux entreprises a permis d’installer ce sujet dans le débat public, se réjouissait la confédération en juillet.

 

CONTRÔLE FISCAL : QUAND LA PERTE D’EFFECTIFS À LA DGFIP IMPACTE SON RENDEMENT
U n rapport parlementaire d’information consacré aux moyens de la DGFIP fait état d’une baisse de 2,4 % des résultats totaux du contrôle fiscal entre 2015 et 2025, passant de 21,2 à 20,7 milliards d’euros. En cause notamment, estime le rapport, la baisse des effectifs de cette administration. En quinze ans, ils ont reculé de près de 20 %. Le rapport constate aussi l’inefficacité de l’intelligence artificielle concernant les contrôles approfondis et la chute drastique des contrôles réalisés sur place, alors qu’ils étaient à l’origine de plus de 70 % du rendement. Le rapport recommande de créer 2 000 emplois chargés du contrôle d’ici à 2029 et de revenir sur les coupes massives opérées à la DGFIP.
SANDRA DÉRAILLOT

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération