International

COP 21 : Après le temps des discours, s’ouvre celui des négociations...

, Evelyne Salamero

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F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Cette troisième journée de la conférence mondiale sur le changement climatique est particulièrement importante pour le mouvement syndical international : la discussion sur l’article 2 de l’accord mondial qui pourrait - peut-être - intégrer la « transition juste » revendiquée par la CSI (Confédération syndicale internationale) dans sa version définitive a en effet commencé ce 2 décembre. « Nous pouvons planifier la transformation industrielle requise pour maintenir la hausse de la température à deux degrés, ou cela peut se produire de façon désordonnée, c’est un choix. Mais il est impératif que la transition soit juste et n’oublie personne. L’action climatique exige des investissements dans les emplois et dans la protection sociale » avait déclaré la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, dès l’ouverture de la COP le 30 novembre, au moment où, était signé, dans le cadre d’un « partenariat historique », un « appel au dialogue pour une transition juste » par la CSI et plusieurs composantes de la société civile (entreprises, ONG, associations religieuses).

Pas moins de 400 syndicalistes originaires de 100 pays composent la délégation de la CSI à la COP 21 de Paris, dans le cadre du Forum syndical organisé par cette dernière au sein notamment des Espaces génération climat ouverts au public pendant toute la durée de la conférence. Des espaces qui constituent une première dans l’histoire des conférences sur le climat, de par leur dimension (27 000 m²) et leur conception inspirée de la consultation de 117 organisations de la société civile.

Le nerf de la guerre

F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Si ce début de conférence a également été marqué par la promesse du président François Hollande de l’octroi par la France de deux milliards d’euros pour financer la recherche et le développement des énergies renouvelables en Afrique, les négociations sur le financement des changements nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique ne s’en annoncent pas moins très ardues. Au-delà de l’effet d’annonce fourni par cet engagement de la France, la question clé demeure : l’aide promise par les pays riches en 2009, lors de la COP 15 de Copenhague, se compose-t-elle réellement de fonds publics additionnels ou d’un redéploiement de ceux déjà budgétés dans le cadre de l’aide au développement ? De plus, les pays pauvres contestent le bilan de l’OCDE selon lequel les pays industrialisés auraient déjà versé 62 milliards de dollars depuis leur engagement de 2009. Certains font notamment valoir que ce chiffre inclue des prêts aux intérêts très élevés, bien loin de subventions ou de dons.

Par ailleurs, des voix dissonantes se sont également fait entendre sur le niveau de réduction des émissions de gaz à effet de serre à atteindre. L’Inde a notamment fait valoir qu’étant en plein développement, sa contribution ne peut être aussi importante que celle de pays déjà développés. Les grandes puissances pétrolières se sont également montrées réticentes. Des réserves sans grande surprise en réalité puisque ces pays avaient déjà tardé à rendre leur contribution nationale en préalable à la conférence et y avait indiqué une contribution à minima par rapport à l’objectif collectif.