Nouveau coup de théâtre dans le dossier Fibre Excellence, groupe de fabrication de pâte à papier et d’électricité menacé de liquidation, avec l’arrivée du financier Mathieu Pigasse. Ce dernier a fait parvenir une lettre d’intention au tribunal de commerce de Toulouse le 18 juin, à la veille d’une audience décisive. La justice lui a accordé un délai supplémentaire. L’investisseur a ainsi jusqu’au 2 juillet pour déposer une offre ferme de reprise. Elle sera examinée le 6 juillet par le tribunal. L’entreprise génère 670 emplois directs dans ses deux usines de Tarascon et Saint-Gaudens, et quelque 10 000 emplois indirects dans la filière bois et papier.
Sans attendre, l’actuelle direction, seule candidate à la reprise du groupe, a décidé le 22 juin de retirer son offre. Son projet de reprise, qui avait le soutien des régions Sud et Occitanie, était assorti de clauses suspensives entre les mains de l’État, notamment une hausse du prix de rachat de l’électricité produite. Or le ministre de l’Industrie avait déploré l’absence d’un réel investisseur industriel
dans ce plan de relance. Le syndicat FO dénonçait également le fait que le repreneur soit prêt à geler les salaires pendant trois ans.
Des dizaines de millions d’euros
Pour FO, malgré la lettre d’intention de Mathieu Pigasse, rien n’est encore réglé. Est-ce qu’il va reprendre tout le groupe ou seulement une partie ? À quelles conditions ? Avec quel investissement ? Comme depuis le début dans ce dossier, nous sommes dans l’expectative
, réagit le syndicat, qui continue de revendiquer la nationalisation temporaire du groupe. Ce serait à ses yeux la seule solution permettant l’élaboration d’un projet de reprise solide. Il faut prendre le temps de l’analyse et de la réflexion, pour faire les choses correctement. On parle de dizaines de millions d’euros. On ne fait pas ça sur un coin de table en dix jours
, poursuit le syndicat. Une nationalisation permettrait aussi de sécuriser les salaires, les emplois, les sites et de rassurer les sous-traitants, alors que les usines sont à l’arrêt depuis le 8 mai. Le 28 juin, le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, ainsi que deux autres leaders syndicaux, les régions et Mathieu Pigasse, ont demandé à l’État la mobilisation effective de tous les leviers dont
, et notamment un investissement de long terme
de la part de la Caisse des dépôts pour renforcer encore la crédibilité financière de l’offre
.
