Emploi et salaires

FO appelle à la résistance chez Chauss’expo

, Clarisse Josselin

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Photographie : FO Chauss expo

Le groupe Desmazières, propriétaire des magasins Chauss’expo, a été placé mi-février 2018 en redressement judiciaire. Pris en main par le cabinet de retournement Prosphères, les 1 119 salariés craignent pour leur avenir. Le 6 avril 2018, ils étaient invités à se rassembler par FO et la CGT.

FO et la CGT ont appelé les salariés de Chauss’expo à se rassembler le 6 avril 2018 devant les boutiques et à distribuer des tracts à la clientèle pour alerter sur leur situation. Le distributeur de chaussures low cost possède 222 magasins, situés généralement en périphérie, et emploie 1 119 salariés. S’ajoute un entrepôt logistique et le siège situés à Lesquin (Nord).

Son propriétaire, la famille du Nord Desmazières, a été placée mi-février en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lille. Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 14 mai pour déposer un dossier. Les salariés craignent pour l’emploi. La direction a déjà prévenu que 43 magasins, non rentables, allaient être cédés ou fermés, selon Luc Dubois, délégué FO, syndicat majoritaire.

Salaires en retard et incomplets

Confronté à des difficultés financières, le groupe familial avait déjà annoncé en avril 2017 la fermeture d’une trentaine de magasins et la suppression de 88 emplois. A partir de juillet 2017, les salaires ont commencé à être versés en retard, avec des montants parfois incomplets. Le 31 janvier dernier, la direction nous a annoncé qu’elle ne pouvait pas payer nos salaires et qu’ils seraient pris en charge par les AGS, fonds de garantie des salaires, poursuit Luc Dubois. Pourtant en janvier, les directeurs se sont octroyé une prime représentant plusieurs mois de nos salaires.

La direction a fait appel au cabinet Prosphères, spécialisé dans le retournement d’entreprises [NDLR : restructuration], bien connu des salariés de Pimkie, Jules ou Grain de Malice. Luc Dubois redoute d’avoir affaire à une société d’« équarrissage », chargée de faire le ménage et de tailler dans le vif. La première réunion avec ce cabinet s’est tenue le 9 avril. Des groupes de travail associant des salariés ont été mis en place.

Se battre pour obtenir des garanties

Nous ne savons pas précisément à quoi nous attendre mais rien de bon ne sortira de l’intervention de ce cabinet, poursuit le délégué FO. Ses méthodes ont pour objet de faire admettre aux salariés qu’ils sont responsables de la situation financière de l’entreprise. Nous n’avons aucun intérêt à entrer dans ces démarches, d’ailleurs très peu de salariés sont restés pour la constitution des groupes de travail. Quel que soit notre interlocuteur, notre seule porte de sortie est et restera notre détermination à nous défendre par nos mobilisations et nos actions.

Craignant des licenciements, FO appelle les salariés à se battre pour obtenir des garanties, pour ceux qui partent comme pour ceux qui restent. Le tribunal de commerce doit se prononcer le 6 juin sur un éventuel repreneur.