Devançant l’ouverture des négociations dans la branche métallurgie-électrique en Allemagne, le syndicat IG Metall a frappé fort : il demande une augmentation des rémunérations de 5 % pour les quelque 3,7 millions de travailleurs du secteur industriel, notamment de l’automobile, de l’aéronautique et de l’électronique. En août, l’inflation a en effet connu un regain à 2,9 %, entraînée par les prix de l’énergie.
De grandes manifestations pour la sauvegarde de l’emploi
Une demande qui a pris de court la partie patronale : L’IG Metall fait abstraction de l’ampleur et de la gravité de la crise qui frappe notre industrie
, a réagi dans un communiqué Udo Dinglreiter, président de la fédération patronale de la branche. Partout en Europe, mais particulièrement en Allemagne où cette industrie est historiquement très forte, l’automobile est brassée par des courants contraires (baisse de la demande, concurrence chinoise, droits de douane américains, hausse des prix de l’énergie) menaçant comme jamais auparavant les emplois, les sites et les acquis sociaux.
Mais IG Metall n’a pas l’intention de laisser la crise de l’automobile dicter le niveau des négociations pour tout le secteur. D’après les enquêtes menées par le syndicat, les carnets de commandes sont bons, voire très bons, pour les deux tiers des entreprises
, explique l’organisation dans un communiqué. Dans cette branche professionnelle aux fortes disparités, le syndicat demande aussi une prime pour les salariés des secteurs les plus dynamiques, comme le spatial, l’armement et l’aéronautique.
Il faut bien sûr parler salaires, mais la priorité est peut-être aujourd’hui de plaider la cause de la sauvegarde de l’emploi au niveau national
, commente Branislav Rugani, secrétaire confédéral du secteur international chez FO. Le 21 septembre, 175 000 salariés de la branche automobile ont d’ailleurs participé à quelque 280 rassemblements à travers le pays pour alerter sur la crise du secteur, et de telles manifestations sont du jamais vu
en Allemagne, souligne Branislav Rugani. Une réaction à la mesure des lignes rouges qui menacent d’être franchies dans cette industrie emblématique, entre remise en question des 35 heures et fermetures de sites.
