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La CES adopte sa plateforme revendicative pour l’avenir de l’Europe

, Secteur Europe - International

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Face à la crise économique et sociale qui se prolonge en Europe, à laquelle s’ajoute une crise politique qui a culminé avec le Brexit, traduisant une défiance profonde des travailleurs vis à vis de l’Union européenne, la CES et ses organisations affiliées, dont Force Ouvrière ont réagi en adoptant fin octobre une plateforme revendicative pour l’avenir de l’Europe, afin de renforcer et de raviver les valeurs européennes de paix, de démocratie, de prospérité et de justice sociale.

Lettre n°37
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Pour les syndicats européens, l’Union européenne est aujourd’hui à la croisée des chemins : soit elle change et se transforme en une Europe plus juste et plus sociale, soit elle risque de s’écrouler. En effet, écrit la CES, tant que l’économie n’aura pas redémarré et qu’il ne sera pas mis fin à l’austérité et aux politiques néolibérales, et tant que les problèmes du chômage, de la pauvreté et de la fragmentation sociale n’auront pas été traités, l’espoir d’un avenir meilleur ne l’emportera pas sur la peur, l’incertitude et la colère des travailleurs.

Pour la CES, la relance du projet européen requiert des politiques et des règles différentes, en renouant avec l’objectif d’une convergence vers le haut en termes de conditions de vie et de travail, une réduction des inégalités et davantage de cohésion économique et sociale.

Trois chapitres de revendications ont été présentés fin octobre :

Créer les conditions d’une croissance durable...
[...] par un plan exceptionnel d’investissement, la révision du pacte de stabilité, la révision du mandat de la BCE, une politique industrielle solide et une coordination fiscale renforcée. La CES considère que l’Union européenne elle-même doit être autorisée à mobiliser des investissements publics pour des projets transnationaux via l’émission d’emprunts par la Banque européenne d’investissement (BEI) et en créant un budget et un trésor européens autonomes. De plus, la demande intérieure européenne doit être stimulée [...] . Ces dernières années, les salaires sont restés en retrait par rapport à la productivité dans tous les pays de l’UE alors que le coût de la vie a augmenté. Le temps d’une augmentation salariale généralisée pour les travailleurs européens est donc venu, [...] en renforçant la négociation collective là où elle fonctionne, en la rétablissant là où elle a été démantelée et en créant des institutions et des pratiques de négociation collective là où elles n’existent pas. La CES revendique également une augmentation du salaire minimum.
Renforcer les droits du travail et la protection sociale...
[...] Constatant que les pays qui pratiquent des salaires élevés, un dialogue social et une négociation collective forts et ayant des systèmes de protection sociale solides sont ceux où l’économie se porte le mieux, la CES demande que la dimension sociale de l’UE acquiert la même pertinence que la gouvernance économique. Ainsi, le socle européen des droits sociaux actuellement en discussion ne doit pas être une vaine promesse. Il doit contenir des propositions concrètes, qui améliorent les conditions d’existence des travailleurs : des niveaux adéquats de protection sociale et de droits doivent être garantis à tous, qu’il s’agisse d’emploi, de chômage ou de retraite. Des normes européennes doivent être fixées pour tous les pays et doivent être atteintes par une convergence à la hausse dans le plein respect des meilleures conditions existantes. Pour la CES, les travailleurs atypiques et indépendants ont droit à des mesures et à des structures particulières qui leur garantissent les mêmes droits que les autres travailleurs tels que le droit de négocier leur rémunération, de bénéficier d’une protection en matière de sécurité sociale, de santé et de retraite, d’avoir accès à une formation continue et de s’affilier à un syndicat. En outre, la CES demande la pleine application de la libre circulation des travailleurs, en protégeant le traité Schengen et en luttant contre le dumping social. Un agenda européen plus juste en matière de migration doit être fixé en mettant l’accent sur l’intégration et l’égalité.
La CES soutient plus de démocratie en Europe
[...] Les travailleurs doivent avoir le sentiment que l’UE entend leur voix et les considère de manière juste et équitable. Le dialogue social – entre partenaires sociaux et au niveau institutionnel – doit être soutenu et renforcé. Pour la CES, des modifications des Traités seront nécessaires, notamment pour modifier profondément le Pacte budgétaire, réformer le Pacte de stabilité et de croissance et introduire un Protocole de progrès social, un Semestre social et un Socle européen des droits sociaux dans les Traités. Sur le Brexit, la CES est favorable au maintien de l’accès du Royaume-Uni au marché unique mais dans le plein respect des quatre libertés, en particulier la liberté de circulation des travailleurs, et le respect par le Royaume-Uni de l’acquis social communautaire. Pour la CES, le prix du Brexit ne doit pas être payé par les travailleurs.

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