La CES ne renonce pas au difficile exercice du dialogue social européen

Événement par Evelyne Salamero

Bernadette Ségol a été remplacée par Luca Visentini. © F. Blanc

Il y a les discours appelant à un renforcement du dialogue social pour que le projet européen soit porté par les citoyens et ainsi sauvé, comme ceux du président de la Commission européenne Jean- Claude Juncker et du président français François Hollande à l’ouverture du congrès, et il y a… la réalité. « La CES doit aujourd’hui faire face à une opposition de principe des employeurs et de certains gouvernements à l’égard de tout instrument contraignant », déplore le manifeste adopté par les délégués. Résultat, les accords déjà signés par les partenaires sociaux au niveau européen sur le stress et le harcèlement au travail ne sont mis en œuvre que dans la moitié des États membres. Un constat qui a conduit les congressistes à envisager de demander à la Commission européenne de transposer dans des directives les accords insuffisamment appliqués.

Cela exige de « s’opposer à l’austérité »

La volonté de renforcer le dialogue social européen est aussi nourrie, outre les difficultés rencontrées face aux multinationales, par le fait « qu’il subsiste une partie de l’Europe, les pays de l’Est, où les salaires sont inférieurs au salaire moyen en Chine », a rappelé Jozef Stredula du syndicat CMKOS de la République tchèque. L’adhésion de ces pays à l’Union européenne, a-t-il rappelé, « n’a à ce jour absolument pas amélioré la convergence entre l’est et l’ouest de l’Europe, ni en terme de salaire minimum, ni en terme de négociation collective ». La CES entend donc obtenir de la Commission qu’elle renforce « son soutien – politique, financier et administratif –, particulièrement dans les pays européens où le dialogue social est faible ».

Mais tout cela exige avant tout, comme l’a rappelé Jean-Claude Mailly dans son discours d’ouverture, « d’inverser les modalités de la construction européenne en luttant contre le dumping social, en égalisant les conditions de concurrence vers le haut, en révisant les traités et en instaurant un réel dialogue macroéconomique et social au niveau de la zone euro ».

L’un des principaux défis pour la CES est sa capacité à « influencer les structures décisionnelles pour s’opposer à l’austérité », a souligné le nouveau secrétaire général de la CES, Luca Visentini, dans son discours de clôture.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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