La défense des retraites, un enjeu européen

International par Evelyne Salamero

Article publié dans le cadre de la campagne Réforme des retraites, FO dit stop !
Robert Vertenueil, président de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique). © F. BLANC

Le président de la centrale syndicale belge FGTB et un dirigeant national de la confédération italienne UIL ont participé à la mobilisation organisée par la Confédération FO ce 21 septembre à Paris contre le projet du gouvernement français d’instaurer un régime universel de retraites par points. Un geste fort, à l’heure où, comme ils en ont témoigné, les systèmes de retraites basés sur la cotisation sont menacés bien au-delà des frontières françaises.

Robert Vertenueil, président de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) : Nous avons fait reculer notre gouvernement comme vous allez faire reculer le vôtre !

En 2018, le gouvernement belge abandonnait son projet d’un régime de retraites par points. Nous avons fait reculer le gouvernement belge comme vous allez faire reculer le vôtre ! a lancé le président de la FGTB (Fédération générale du travail belge) aux manifestants, déclenchant leurs applaudissements. Mais, a ajouté le dirigeant syndical belge, nous y sommes parvenus parce que le mouvement syndical belge a su s’unir sur cette question-là. Interviewé un peu plus tôt, alors que la manifestation allait s’élancer du métro Duroc, il indiquait : On ne se fait pas d’illusions, la bête n’est peut-être pas encore tout à fait morte, mais pour l’instant nous l’avons neutralisée. Partout en Europe, les systèmes de protection sociale sont en danger. Les gouvernements libéraux et le monde patronal veulent transformer les retraites en variable d’ajustement budgétaire et remettent en cause le principe même de solidarité intergénérationnelle. Le mouvement syndical européen devrait aborder cette question comme une question majeure sur laquelle centrer nos actions. Cette volonté, il l’a affirmé haut et fort à la tribune : Ils veulent un système à points pour ajuster sa valeur quand bon leur semble, a-t-il déclaré, c’est-à-dire un système tombola pour nos conditions de vie, un système qui ne sera plus jamais en lien avec le versement de nos cotisations. Au bout, c’est la privatisation du système. Nous refusons d’être un jour les dégâts collatéraux de leur politique économique ! Unissons nos forces, car notre système de sécurité sociale, c’est notre patrimoine, celui de ceux qui n’en ont pas !

Domenico Proietti, secrétaire confédéral à l’UIL (Union italienne du travail). © F. BLANC

Domenico Proietti, secrétaire confédéral à l’UIL (Union italienne du travail) : La bataille pour des pensions justes concerne tous les travailleurs en Europe

Nous sommes ici aujourd’hui car la bataille pour des pensions justes concerne tous les travailleurs en Europe. En Italie, nous avons vécu une grande réforme des retraites en 2011, contre laquelle nous nous sommes longtemps battus et nous avons récemment réussi à obtenir des contreparties, notamment sur l’âge légal de départ à la retraite ramené de 67 ans à 63 ans, expliquait Domenico Proietti, secrétaire confédéral de la confédération italienne UIL (Union italienne du travail), quelques minutes avant que le cortège ne s’ébranle en direction de la place Denfert-Rochereau. En précisant : Nous sommes aujourd’hui aux côtés de Force Ouvrière et des travailleurs français pour rappeler au gouvernement français de ne pas faire les mêmes erreurs qu’a faites le gouvernement italien et sur lesquelles il a fallu revenir ensuite. C’est en 1995, que notre système a été transformé en un régime par points. Grâce à un engagement de toutes les organisations syndicales italiennes et au dialogue social, nous sommes parvenus à trouver un équilibre entre le système rétributif et le système contributif et nous encourageons aujourd’hui les français à trouver des solutions pérennes pour demain. De la tribune, il a souligné : les pensions des travailleurs et des travailleuses sont un droit. Elles ne peuvent servir à ce que certains s’en mettent plein les poches ! Nous devons nous battre pour les défendre, pour la justice sociale et des emplois de qualité au niveau national et au niveau européen, au sein de la CES (Confédération européenne des syndicats NDLR) !

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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Éditoriaux de FO par Yves Veyrier

E n perspective du G7 (réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, représentant 40 % du PIB mondial et 10 % de la population mondiale), qui aura lieu sous présidence française cette année, se tenait une réunion la semaine dernière entre les organisations d’employeurs et les syndicats de salariés.