Parmi les 243 interventions de délégués, nombre d’entre elles aborderont le contexte d’austérité salariale et donc les difficultés de pouvoir d’achat des salariés, tant du privé que du public. Ceux qui s’occupent des plus précaire basculent aussi dans la précarité
s’indignait David Legrand (Service départemental d’Action sociale/SDAS de la Somme), annonçant une grève dans le secteur de l’Action sociale le 26 mai. Pratiquement toutes nos grilles commencent sous le Smic. Nous avons arraché les 183 euros du Ségur, mais les aides à domicile n’y ont pas eu droit. Et ces professionnelles s’appauvrissent à la pompe
. Référence aux difficultés des salariés modestes actuellement aggravées par la flambée des prix des carburant. La FGTA a réussi à obtenir un accord de prévoyance pour les salariés (300 000) du secteur de l’aide à la personne, se réjouissait de son côté Stéphanie Eymeric-Prat. Et pour le décrocher, la fédération a dû mettre la pression et donc d’abord suspendre toutes les négociations.
On est le syndicat de la feuille de paie
Les travailleurs de l’ombre, les travailleurs pauvres, nous les voyons à l’UD
indiquait quant à lui Mickael Robe (Snica du Calvados). Leur situation est inacceptable
. Il faut rappeler qu’on est le syndicat de la feuille de paie
déclarait à la tribune Eric Devy (FO Framatome, Rhône), appelant aussi à affirmer que nous aimons nos entreprises
. Chez Novacarb (secteur de la Chimie, la direction propose une hausse de salaire de 1% pour les NAO. Par ailleurs, on nous sucre notre participation pour arroser la holding. Et après la vente d’un site sur Singapour, on nous donne une prime de seulement 800 euros
pestait Clément Pauly. Les minima sont malheureusement devenus la seule protection dans les branches
indiquait Angelique Bruneau (FGTA) rappelant que FO n’hésite pas à s’opposer quand les employeurs franchissent la ligne rouge
. A l’aéroport de Marseille ou FO est la première organisation syndicale avec plus de 50% des voix, la perte de pouvoir d’achat des salariés est constatée, comme dans tout le transport aérien
soulignait Michel Trémori. Il y a de la précarité, de la sous-traitance laquelle est un outil de dumping social. On constate qu’il y a moins d’emplois directs alors qu’il y a plus d’activité. On enregistre 10% de perte d’emplois depuis 2019. En 2022, il y a eu une grève très suivie. FO a milité pour l’obtention de primes et l’amélioration des conditions de travail
. La transparence salariale, avec pour but visé notamment l’égalité hommes/femmes sur les salaires est un levier dont il faut se saisir. Et les femmes ne doivent pas être les seules à porter le combat
insistait quant à lui Cyril Herbin (FGTA des Hauts-de-Seine). Et le militant de souligner encore que les aidants sont au cœur de nos préoccupation
, de même que la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Il se félicitait ainsi de la signature ce 21 avril à Dijon du renouvellement de la convention liant FO à l’Agefiph (l’association d’aide à l’emploi des personnes en situation de handicap). A La Réunion indiquait Jean-Paul Paquiry, la hausse des prix est de plus de 20%. Notre UD a demandé au préfet de bloquer les prix. Le 23 avril se tient une réunion
annonçait-il. Et de préciser que le salaire moyen sur l’île est de 500 euros en moins qu’en métropole. 27% de personnes vivent sous le seuil de pauvreté indiquait de son côté Eric Bellemare (Martinique). Le chômage est à 15% et 6 000 jeunes partent chaque année de Martinique et ne reviennent pas ». Il y a dans l’archipel « une crise sociale, sociétale
.

Il n’y a pas assez de reconnaissance
Pour Elodie Papin (FO Action sociale du Maine-et-Loire), l’économie de guerre ne doit pas être le sacrifice de notre modèle social
. La militante reprenait comme beaucoup la revendication de FO d’un blocage à 1,50 euro des prix de l’essence
. Les salariés sont en souffrance
rappelait-elle demandant entre autres une revalorisation des frais kilométriques de déplacement pour les aides à domicile. On se bat pour que ces salariées ne soient plus des invisibles. La hausse générale des salaires reste notre revendication principale
relayait Antoine Gougeon (SDAS Côtes d’Armor). Chez Manitou à Ancenis où FO est la première organisation, fruit de 60 années de présence
précisait Jonathan Lucas, il y a eu des hausses de salaire à hauteur, au total, de 18% en douze ans
. Dans le secteur de la pharmacie d’officine (FO y est la première organisation avec 33,49%), les métiers sont en pleine évolution mais « cela a un prix : il n’y a pas assez de reconnaissance (salaires, conditions de travail, etc). Résultat, indiquait Arielle Bonnefoy les titulaires n’arrivent plus à recruter
. Dans le secteur Propreté, on demande le droit à un travail permettant de vivre dignement
lançait Joceline Martin (Côtes d’Armor) évoquant les conditions difficiles (temps partiel subi, horaires morcelés, salaires faibles…).
