Le bisphénol A prend du plomb dans l’aile

Consommation par  Michel Pourcelot

Accusé depuis des années d’être un perturbateur endocrinien, le bisphénol A vient d’être officiellement classé substance extrêmement préoccupante par l’Agence européenne des produits chimiques, qui l’a annoncé le 16 juin.

Revêtement interne des boîtes de conserve et des canettes, films alimentaires, récipients, bouteilles et bonbonnes d’eau, bouilloires, cafetières, vaisselle réutilisable en plastique, tickets de caisse en papier thermique, matériel électroménager en polycarbonate... : le bisphénol A (BPA), un antioxydant et plastifiant, est partout ou presque depuis plus de quarante ans, y compris dans les biberons jusqu’à son interdiction en France en 2010 (appliquée au 1er janvier 2013...), puis dans l’Union européenne. La raison : il est fortement soupçonné d’être un perturbateur endocrinien (PE), c’est-à-dire susceptible d’altérer le fonctionnement du système hormonal et donc d’être à l’origine de certains cancers ou de troubles de la reproduction.

Désaccords et bémol

Cette classification, obtenue sur proposition de l’Anses, l’Agence nationale sanitaire française, doit entraîner l’obligation pour l’industrie de notifier à l’Agence européenne des produits chimiques, l’ECHA, la présence de la substance dans les articles fabriqués ou importés et d’informer l’acquéreur d’un article, s’il le demande, de la présence de BPA. On est encore loin de l’interdiction mais c’est un grand pas. Les avis des diverses agences européennes divergent cependant, selon qu’elles sont plus ou moins sensibles aux lobbies : l’Agence européenne de sécurité alimentaire, l’Efsa, a conclu, en janvier 2015, que le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d’âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents), tant pour l’exposition par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d’une combinaison d’autres sources (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique. Avant d’émettre un léger bémol, en octobre 2016, concédant que le BPA pourrait affecter le système immunitaire des animaux, mais les preuves sont insuffisantes pour en tirer des conclusions quant à la santé humaine

 Michel Pourcelot Journaliste à L’inFO militante

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