Les aides à domicile sortent de l’ombre

Secteur associatif par Clarisse Josselin

Article publié dans le cadre de la campagne Services à la personne
© Patrick ALLARD/REA

U ne centaine d’aides à domicile ont manifesté le 5 octobre à Rodez, dans l’Aveyron, à l’appel de FO. Une nouvelle action était prévue le 15 octobre. Elles exigent un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail et une meilleure prise en charge des déplacements.

On est un secteur féminisé à 97 %, on n’est pas dans le conflit, on est tellement dans l’ombre qu’on en devient invisibles, déplore Isabelle Roudil, auxiliaire de vie sociale chargée du secteur de l’aide à domicile à but non lucratif à la fédération FNAS-FO.

Dans la branche, les salariées sont embauchées par des associations – financées par les départements – pour aider et accompagner des publics fragiles. Si la plupart interviennent à domicile, certaines travaillent en Ehpad. Pour réduire les coûts, les employeurs ont trouvé une faille, dénonce Isabelle Roudil. Considérant que l’Ehpad est le domicile du bénéficiaire, ils refusent d’appliquer les conventions collectives adaptées, 51 ou 66. Pour le salarié, la pénibilité n’est plus prise en compte et le manque à gagner est de l’ordre de 20 %.

Par la grille, pendant les dix premières années de la carrière, le salaire atteint à peine le Smic. La FNAS-FO revendique un salaire de 20 % supérieur au Smic pour compenser l’isolement. On peut trouver en arrivant une personne à terre ou décédée, ajoute-t-elle. La branche ne prévoit que huit heures par an pour se retrouver entre collègues, il faudrait davantage de temps de prise de parole.

Récupérer physiquement et psychiquement

La fédération exige aussi la prise en charge de tous les temps et frais professionnels, du départ du salarié de son domicile à son retour en fin de journée de travail, et une hausse de l’indemnité kilométrique. On utilise nos véhicules personnels, ajoute Isabelle Roudil. On transporte par exemple les poubelles des usagers dans nos coffres et aucun nettoyage n’est prévu. Après on y met les courses...

Autre difficulté, un temps partiel imposé sur une amplitude horaire énorme, qui empêche de trouver un autre emploi en parallèle. On veut des planifications sans trous dans la journée, et un équilibre entre des cas plus ou moins lourds pour récupérer physiquement et psychiquement, ajoute-t-elle.

En raison de conditions de travail détestables, le taux d’incidence des arrêts et accidents de travail dans la branche est supérieur à celui du BTP. Il y a eu beaucoup de formations pour protéger le dos, on se rend compte maintenant que ce sont les genoux et les épaules qui morflent, déplore Isabelle Roudil qui revendique davantage d’actions de prévention.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

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