Alerte :
[Congrès Confédéral 2026] les inscriptions au congrès confédéral sont ouvertes sur www.e-FO.fr

Les femmes cadres toujours aux prises avec les inégalités salariales

InFO militante par Valérie Forgeront, L’inFO militante

Comme dans l’ensemble du monde salarié, les inégalités de rémunération entre hommes et femmes perdurent chez les cadres. Les hommes perçoivent ainsi une rémunération supérieure de 16 % en moyenne à celle des femmes. Cet écart ne se réduit pas depuis plusieurs années, notait l’Apec en février. Quand, en 2025, la rémunération médiane annuelle brute des hommes se situait à 58 000 euros, celle des femmes était de 50 000 euros. Entre autres raisons notables : les femmes sont moins représentées dans les secteurs les plus rémunérateurs (production industrielle, finance, commerce…) et elles accèdent moins aux postes à fortes responsabilités. On compte ainsi 17 % de femmes seulement dirigeant des entreprises, grandes ou de taille intermédiaire. Par ailleurs, 28 % des cadres managers de plus de dix personnes sont des femmes, tandis que 39 % des managers d’une équipe de moins de dix personnes sont des femmes. À profil équivalent (en neutralisant les effets du métier, du secteur, de l’âge, de la taille d’entreprise...), un écart salarial de 6,8 % subsiste au détriment des femmes, constate encore l’Apec. Il apparaît dès le début de carrière et tend progressivement à augmenter pour atteindre 12 % après 55 ans.

Le règne de l’opacité

Comment s’étonner dès lors du sentiment d’injustice exprimé par les femmes cadres : 40 % estiment avoir moins de chances de réussite que leurs collègues masculinsla moitié des femmes jugent leur rémunération insuffisante au regard de leur contribution, et 44 % considèrent devoir fournir plus d’efforts pour obtenir une augmentation, résume l’étude. Alors que la transposition en droit français de la directive européenne sur la transparence salariale est attendue d’ici juin, l’expression des femmes concernant la politique salariale menée par les entreprises en dit long sur le mécontentement actuel. Ainsi, 54 % des femmes estiment que leur entreprise n’est pas juste dans la manière de fixer les rémunérations à l’embauche, et 60 % pensent de même concernant l’attribution des augmentations. Plus largement, 52 % pointent une opacité sur les salaires, un pourcentage qui grimpe à 70 % parmi les femmes cadres âgées de 55 ans et plus. Enfin, seules 12 % des femmes cadres estiment que depuis cinq ans les inégalités hommes/femmes se sont réduites dans les entreprises.

Valérie Forgeront Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération