L es journalistes étaient nombreux à faire grève et à manifester, en intersyndicale, le 18 juin, pour défendre la qualité de l’information. Plusieurs centaines d’entre eux ont défilé à Paris entre la place de la Bourse et le ministère de la Culture. Ils revendiquaient notamment l’arrêt des suppressions de postes, la titularisation des précaires, de meilleures rémunérations et l’arrêt de la baisse des budgets piges (sur lesquels sont payés les journalistes free-lance).
En effet depuis décembre, on estime que plus de 1 000 suppressions de postes ont été annoncées dans ce secteur. En avril, Centre France, qui édite huit quotidiens régionaux et plusieurs hebdomadaires, lançait son sixième plan social en douze ans avec la suppression de 10 % de ses effectifs, soit 152 postes. Prisma Media, numéro un de la presse magazine, a quant à lui annoncé fin mars effacer 261 postes, soit 40 % de ses effectifs. Sans oublier BFM TV et La Tribune qui prévoient de fusionner leurs rédactions, tout en licenciant 56 journalistes du quotidien économique.
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Quand l’IA vient remplacer le journaliste
Chez Infopro Digital (éditeur de presse spécialisée), 14 secrétaires de rédaction seront bientôt remplacés par l’intelligence artificielle avec seulement la création de cinq postes de chef d’édition pour les reclassements. Si aucun licenciement n’est prévu, l’annonce a néanmoins mis le feu aux poudres et une grève a été observée le 6 mai. Le groupe EBRA, propriétaire de neuf quotidiens régionaux et qui appelle à 400 départs volontaires (sur 3 200 salariés), a aussi décidé de s’en remettre à l’IA pour automatiser la mise en page
, ou simplifier la relecture
. Au risque de morceler un peu plus les missions des secrétaires de rédaction et de déqualifier leur travail.
C’est maintenant, dans les entreprises et dans l’unité des organisations syndicales (…) qu’il faut se battre, a conclu Gwenaël Bourdon. Pour défendre nos métiers, nos emplois, l’existence même de journalistes pouvant vivre de leur métier et la démocratie.
