Portrait

MAIF : Dénoncer les « supercheries » d’un accord

, Clarisse Josselin

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Fabienne Février, 56 ans, est secrétaire de section FO à la MAIF. C’est le seul syndicat à s’être opposé début 2016 à un projet de réorganisation du temps de travail. Alors que les mesures se mettent en place, elle continue à se battre pour défendre

Ok pour témoigner, mais je ne suis pas seule, on est toute une équipe FO, on travaille tous ensemble, précise Fabienne Février. Entrée dans la mutuelle en 1982 comme technicienne d’assurance, elle a adhéré à FO dans les années 1990. À l’époque ça se passait très mal dans mon bureau à Angers et on a cherché un syndicat, poursuit-elle. Les représentants FO, qui avaient organisé une mobilisation par le passé, m’avaient le plus favorablement impressionnée. Elle est désignée DS en 2002 et élue secrétaire de section en mars 2015.

Début 2016, FO est le seul syndicat à ne pas signer l’accord de méthode dans le cadre du projet OSER (Organisation Souple Épanouissante et Responsabilisante). La co-construction avec les salariés ne nous convenait pas, explique-t-elle. Sous couvert de leur demander leur avis, la direction a mis en place le travail en soirée et le samedi, ce qu’elle n’avait pas réussi à faire en 2008.

Une grève bien suivie

7 500

C’est le nombre de salariés à la MAIF, répartis entre le siège et les agences sur toute la France.

La négociation a ensuite été raccourcie de neuf à trois mois. FO a alors appelé à la grève, qui a été très suivie et a permis les avancées les plus significatives, poursuit-elle. Ainsi, les salariés qui travaillaient déjà le samedi ont pu conserver leurs acquis. Trois syndicats sur six, dont FO, n’ont pas signé l’accord OSER en juillet 2017.

Fabienne dénonce notamment l’annualisation du temps de travail pour réduire les heures supplémentaires et les embauches. L’accord se met en place progressivement et déjà des choses se passent très mal, constate-t-elle. Prendre une journée mobile de récupération est presque impossible. On va continuer à se battre en informant nos collègues et en dénonçant les supercheries de cet accord.