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Médicaments innovants : un enjeu de santé publique

, Françoise Lambert

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Culture de coraux Palythoa, dont un centre de recherche marseillais extrait la palytoxine, molécule qui pourrait être utilisée pour combattre certains cancers. ©Ian HANNING/REA

L’élévation des prix des traitements suscite de nombreuses réactions dans le monde médical et la société civile. Comment préserver l’accès de tous à des traitements révolutionnaires pour la santé ?

Le coût du Keytruda, un traitement contre le mélanome, oscille en France entre 3 200 et 7 800 euros par mois, selon le poids du patient. Le Sovaldi, un traitement efficace à 95 % contre l’hépatite C, coûtait 41 000 euros pour trois mois jusqu’au 1er avril dernier – date de la conclusion d’un accord de baisse du prix à 28 700 euros entre le gouvernement et le laboratoire américain Gilead.

La société civile et la communauté médicale s’émeuvent des prix demandés par les industriels pour certains traitements innovants. En témoignent une pétition signée par 110 cancérologues l’année dernière ou une campagne d’affichage choc de Médecins du monde, clamant : Chaque année en France le cancer rapporte 2,4 milliards d’euros.

Depuis une quinzaine d’années, l’industrie pharmaceutique évolue d’une industrie chimique classique, produisant des molécules connues depuis longtemps, vers la biotechnologie, la fabrication de produits issus du vivant.

Les industriels expliquent la flambée des prix par les coûts de recherche. N’oublions pas que les laboratoires font des marges d’environ 20 %. La première chose qu’ils regardent, c’est la rentabilité, indique Brahim Aniba, délégué syndical FO chez Sanofi Pasteur.

Pour un même médicament, les prix sont très variables d’un pays à l’autre (voir zoom). Le coût moyen des nouvelles thérapies ciblées contre le cancer atteint environ 50 000 euros par an et par patient.

Pour des règles plus transparentes

En France, la Sécurité sociale, qui rembourse à 100 % ces traitements, facilite l’accès à ces soins de pointe. L’autre aspect des choses, c’est que les industriels du médicament bénéficient chez nous d’une solvabilité garantie grâce à la Sécurité sociale, qui de fait est leur seul client, rappelle Jacques Techer, secrétaire général de la Fédération FO de la Pharmacie.

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’est auto-saisi de la question des prix et de l’accès aux traitements innovants. Dans un avis rendu le 25 janvier, approuvé par FO, il insiste sur la nécessité de nouvelles règles plus transparentes pour préserver l’accès de tous. Parmi les pistes retenues, distinguer les traitements réellement novateurs des autres, revoir les prix selon les résultats concrets des traitements ou lancer des études prospectives d’impact financier.

Les dernières lois de financement de la Sécurité sociale ont mis en place des dispositifs, comme la création d’un nouveau fonds pour l’innovation. Pour Jacques Techer, ces mesures vont dans le bon sens, mais elles restent insuffisantes

Zoom : Le Sovaldi, un cas d’école Le Sovaldi, contre l’hépatite C, était vendu jusqu’à récemment en France 41 000 euros pour trois mois. Le même traitement est vendu 67 000 euros aux États-Unis, 45 000 euros au Royaume-Uni et 705 euros au Brésil. Son coût marginal de fabrication est évalué entre 75 et 100 euros. Le Sovaldi est né d’un rachat de brevet via l’acquisition de Pharmasset par le laboratoire américain Gilead. Le cours de l’action de Gilead avait alors bondi de 70 %. Le labo a cependant autorisé en 2014 la fabrication d’un générique, moins cher, pour les pays en voie de développement.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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