Patrimoine ouvrier et syndical : deux jours pour le découvrir en septembre

InFO militante par Sandra Déraillot, L’inFO militante

Les journées européennes du patrimoine sont programmées les 19 et 20 septembre. Elles permettent de découvrir de nombreux lieux et expositions en lien avec le travail et ainsi que l’engagement syndical.

La 43e édition des Journées européennes du patrimoine s’annonce avec son lot d’évènements organisés à travers toute la France : visites d’usines plus ou moins historiques, balades dans d’anciens quartiers ouvriers, découvertes de sites industriels d’hier transformés en plateformes associatives ou d’hébergement multi-entreprises... Ainsi il sera notamment possible de visiter l’usine d’ustensiles de cuisine De Buyer dans les Vosges (Val-d’Ajol), la ligne de galvanisation d’acier d’Arcelor Mittal à Florange, la forge du sidérurgiste SBS à Boën-sur-Lignon ou encore l’usine d’acier émaillé De Dietrich à Zinswiller (Bas-Rhin).

Portes ouvertes à.…Fessenheim

Comme chaque année, la SNCF ouvrira les portes de nombreux sites dans toutes les régions de France, les visiteurs étant guidés par ses agents : technicentres, postes de commande, ou gares comme celle de Metz (élue trois fois plus belle gare de France). EDF propose également de découvrir soixante-six de ses sites producteurs d’énergie. Les curieux pourront ainsi visiter la centrale (fermée dans la douleur en 2020) de Fessenheim (Haut-Rhin), moyennant quelques précautions de sécurité.

Les expositions ne sont pas en reste. Le Centre des archives industrielles et techniques de Moselle (Saint-Avold), met en lumière deux siècles d’histoire ouvrière via les clichés conservés dans ses réserves, issus des Houillères du Bassin de Lorraine, mais aussi des archives de la sidérurgie, de verreries et cristalleries, de Bata, de la manufacture des tabacs de Metz, etc. Au Creusot, berceau des entreprises Schneider, une visite libre du Pavillon de l’Industrie, ce musée qui revient sur l’histoire industrielle et minière de la région et les politiques sociales des entreprises, est proposée.

Sur les traces de l’industrie textile

A Nantes, l’hôtel de ville expose le travail de la photographe Hélène Cayeux, qui fut, entre autres, journaliste pendant vingt ans à Ouest France, à Nantes et Paris, et qui a immortalisé nombre d’ouvriers et ouvrières sur leur lieu de travail (chantiers Dubigeon, entreprise de lingerie Chantelle, etc.) des années 1970 à 1990.

La ville de Roubaix quant à elle a choisi de faire un peu revivre son passé textile à travers la visite de nombreuses anciennes manufactures comme le Non-lieu. Cette ancienne usine, une filature de laine, donne encore à voir l’organisation et le fonctionnement des ateliers textiles du XIXe siècle.

Côté syndical, plusieurs bourses du travail, ces bâtiments initialement créés à la fin du XIXe siècle pour y réunir les offres de missions à l’intention des ouvriers et y organiser l’action collective, seront ouvertes. Celle de Lyon se visite avec l’historien Yannis Cosmas. Le bâtiment art déco de celle de Toulouse sera accessible en visite guidée de même que la bourse du travail de Bobigny, dessinée par l’architecte Oscar Niemeyer.

Enfin, petit coup de cœur pour la visite des laboratoires Eclair, à Epinay sur Seine, destinés à la production en nombre de copies de films argentiques 35 mm à destination des cinémas du pays. Le site a fermé en 2015 avec le développement des projections numériques. La visite permettra de découvrir la machinerie et est associée à une courte conférence sur l’histoire des ouvrières dans les laboratoires de cinéma. Attention, réservation conseillée !

 Voir en ligne  : Programme complet

Sandra Déraillot Journaliste à L’inFO militante

L’inFO militante Le bimensuel de la Confédération