Paul Kabore, du Burkina Faso : « Nous venons de lancer un appel à la grève contre la vie chère »

#FO2015Tours par Evelyne Salamero, journaliste L’inFO militante

Article publié dans le cadre de la campagne Congrès Confédéral 2015 à Tours
© F. Blanc / FO Hebdo

Trois mois après le soulèvement populaire qui a chassé Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, le leader de l’ONSL (Organisation nationale des syndicats libres), également président de l’UAS (Union pour l’action syndicale), qui regroupe toutes les centrales syndicales du pays, présent au congrès, revient sur ces événements et explique que beaucoup de choses restent à régler pour les travailleurs de son pays…

FO Hebdo : Quelle part a pris le mouvement syndical dans le soulèvement populaire qui a chassé le président Compaoré ?
Paul Kabore : Il y a deux ans déjà que l’Union pour l’action syndicale avait écrit au président Compaoré pour lui dire de ne pas modifier l’article 37 de la Constitution, qui limite à deux les mandats présidentiels successifs, et le mettre en garde sur les conséquences que cela aurait. Le collège des Sages (créé en 1999 pour « œuvrer à la réconciliation des cœurs et à la paix sociale », NDLR) a ensuite dit la même chose, puis les partis de l’opposition se sont emparés du problème. Mais le président s’est entêté et ce qui devait arriver est arrivé. Le mouvement syndical n’a pas appelé en tant que tel aux manifestations, mais nos adhérents y ont participé massivement. Il faut bien se rendre compte qu’à la question démocratique s’ajoute une situation sociale très dégradée.

FO Hebdo : Et maintenant ?
Paul Kabore : Après le départ du président Compaoré, un organe de transition chargé des pouvoirs exécutif et législatif a été mis en place. La question de la vie chère reste entière. Le prix des carburants a baissé, mais pas suffisamment. Une baisse de 25 francs CFA a été décidée de manière unilatérale et dans la précipitation. Nous revendiquons une baisse de 100 à 150 francs CFA. Par ailleurs, nous voulons que le gouvernement réfléchisse à une solution pour que les 5 000 à 6 000 travailleurs qui ont perdu leur travail du fait de la casse de leur lieu de travail (mines, usines, hôtels...) pendant les événements aient un salaire.

FO Hebdo : Envisagez-vous des actions ?
Paul Kabore : Nous venons de lancer un appel à une grève nationale pour les 17 et 18 février prochains. Le 4 février, nous organisons un sit-in au ministère du Commerce. Nous espérons obtenir une réponse entre ces deux échéances. Dans le cas contraire, il y aura une protestation massive.

Propos recueillis par Evelyne Salamero

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