Le système de santé est mis à rude épreuve alors qu’il peine déjà à combler les besoins en temps ordinaire
, notait FO en juin. Manque de lits, urgences saturées, personnels hospitaliers sous tension permanente, déserts médicaux… et pendant ce temps, le gouvernement continue de chercher des pistes d’économies plutôt que des pistes d’investissements.
Le 6 juillet, la confédération réagissait ainsi à l’attaque projetée des indemnités journalières (IJ) AT-MP dans une branche, en déficit, financée par les employeurs qui assurent ainsi la prévention et la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles
. Or, s’inquiète FO, le gouvernement vise à ramener 800 millions d’euros à la branche ATMP
. Parmi les propositions : Le plafonnement des IJ AT-MP à 1,8 Smic, devant rapporter 270 millions d’euros, et la fiscalisation de ces IJ, rapportant 274 millions d’euros.
Avant même la présentation à l’automne du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), d’autres recherches d’économies sont avancées.
Attention au renoncement aux soins
Le 23 juin, FO alertait sur un projet gouvernemental consistant à effectuer, dès cet été, un transfert de charge (pour 1,5 à 2 milliards d’euros) de la Sécu vers les complémentaires santé. Réaffirmant son opposition à tout nouveau désengagement de l’Assurance maladie obligatoire
, la confédération soulignait notamment qu’après la taxe d’un milliard d’euros instaurée par la LFSS 2026, les complémentaires santé ne pourront absorber de nouvelles charges sans augmenter les cotisations, ce qui pèsera sur le pouvoir d’achat des salariés
. Et des retraités. Au nom d’une augmentation des arrêts de travail (de 10 % depuis 2019 et pour une dépense globale de dix-huit milliards d’euros en 2025) est prévu par ailleurs, dès septembre, le contrôle renforcé des arrêts, leur plafonnement en termes de durée (31 jours pour un arrêt initial, 62 jours en renouvellement), des restrictions au système de téléconsultation… En matière d’attaques, de menaces sur les droits, ou d’une action insuffisante pour les améliorer, on pourrait encore citer la problématique des dépassements d’honoraires, lesquels peuvent mener aussi au renoncement aux soins, la lutte à renforcer sur la prévention des accidents du travail (donc sur les conditions de travail), sur la santé au travail en général, sur les risques psychosociaux, sur la santé mentale… Pour tout cela, il faut des moyens à la hauteur. C’est ce que revendique FO.
