Reprise de Go Sport : pour FO, l’objectif est de sauver un maximum d’emplois

InFO militante par Chloé Bouvier, L’Info Militante

Laurent GRANDGUILLOT/REA

Devant le tribunal de commerce de Grenoble le 18 avril, HPB, le propriétaire actuel de Go Sport a annoncé son retrait. Deux possibles repreneurs, Intersport France et le britannique Sports Direct, ont détaillé leur plan de reprise. Celui du français, qui maintient 90 % des emplois, paraît favori. Quel que soit le scenario, Après la décision du tribunal le 28 avril, nous allons négocier pour sauver le plus d’emplois possibles, souligne Christophe Lavalle, délégué FO.

Ce mardi fut une journée intense qui s’est soldée par un coup de théâtre heureux, sourit Christophe Lavalle, délégué FO au sein de Go Sport. Le Ce 18 avril, le tribunal administratif de Grenoble s’est penché en effet sur le devenir de la marque, et notamment les offres de reprise.

Durant l’audience du matin, le propriétaire actuel, Hermione, People & Brands (HPB), une des sociétés appartenant à l’empire de Michel Ohayon, a annoncé son retrait. Une décision prévisible, souligne le militant. HPB a déclaré qu’aucun plan de redressement n’était possible et qu’ aucun recours ne serait exercé contre le plan de cession, a expliqué l’avocate des salariés Evelyn Bledniak. Cela demanderait de mettre au moins 150 millions d’euros sur la table et ils (le groupe HPB, Ndlr) ne les ont pas. Mais, jusqu’alors, l’ancien propriétaire demeurait prioritaire pour la reprise de la marque. Maintenant que la cession est levée, on va pouvoir vraiment examiner les offres de reprises d’autres entreprises.

Ils ont planté Camaïeu, ils ne planteront pas Go Sport

Pour les salariés, c’est un grand soulagement, explique en chœur l’avocate et le syndicaliste. Je l’ai dit devant le tribunal et les représentants de HPB : nous ne voulons plus travailler pour eux. Ils nous ont menés au bord du gouffre, ce sont des patrons voyous. Depuis février, Michel Ohayon fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris : la juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) s’est saisie des différents dossiers judiciaires de l’entrepreneur bordelais. Dont celui du Go Sport pour abus de bien social, à la suite de révélations de faits délictueux au sein du groupe Go Sport par ses commissaires aux comptes, KPMG et Ernst & Young. Ceux-ci avaient alerté le tribunal de commerce à la suite de décaissements relatifs à des éléments non récurrents pour un montant de 36,3 millions d’euros qui ont grevé la trésorerie de l’enseigne d’articles de sport.

Ils ont planté Camaïeu, au moins ils ne planteront pas Go Sport, se réjouit Christophe Lavalle. Nous avons eu de la chance d’avoir été alerté et nous avons travaillé avec nos outils syndicaux afin de ne pas subir le même sort. Pour rappel, après la liquidation de l’enseigne Camaïeu (2 600 salariés) en septembre, la holding de tête du groupe HPB, la Financière immobilière bordelaise (FIB), s’est déclarée en cessation de paiements, l’enseigne Gap (350 salariés) a été placée en redressement judiciaire et 25 magasins Galeries Lafayette ont été mis en procédure de sauvegarde.

Intersport France, la proposition favorite

Après avoir pris acte du retrait du propriétaire actuel, le tribunal s’est donc penché sur les offres de reprises, notamment deux qui ont suscité l’espoir des salariés, celles du britannique Sports Direct (filiale de Frasers) et d’Intersport France. Mais nous avons été très surpris de l’offre finale de Sports Direct, raconte Christophe Lavalle. Dans son offre finale, la filiale de Frasers s’engage à reprendre 75 magasins, au lieu de 74 initialement annoncés, et 136 des 227 salariés du siège, au lieu de 117 initialement repris. Au sein des magasins, l’entreprise s’engage à reprendre 1 477 salariés, sur les 1 574 recensés.

Mais Le Britannique Sport Direct, que certains donnaient favori, s’est tiré une balle dans le pied, estime Christophe Lavalle. Il a déclaré qu’il ne comptait pas s’engager à ne pas licencier les salariés repris pendant vingt-quatre mois, contrairement à Intersport. Les représentants de Sport Direct ont également dit au tribunal que ce qui comptait le plus pour eux, c’était la flexibilité des salariés. Pour ces derniers, cela a été ressenti comme une trahison puisqu’on nous avait promis le contraire... Pour nous désormais, il n’y a plus qu’une offre favorite.

De son côté, Intersport France a fait une proposition de reprise en coentreprise avec une société qatarie, Al-Mana, et propose de reprendre 72 magasins, 1 446 salariés sur les 1 574 des magasins, et 185 salariés du siège (Groupe Go Sport), selon le dossier consulté par l’AFP.

Nous ne nous réjouissons pas de négocier un plan social

Le projet d’Intersport est celui qui a le plus de chance d’être validé, en reprenant 90 % des salariés actuels, explique le militant. Les autres seront reclassés. Bien évidemment, nous ne nous réjouissons pas de négocier un plan social mais il était fondamental pour FO de sauver un maximum de travailleurs et d’éviter une catastrophe sociale à l’image de celle de Camaïeu. D’ailleurs, on n’a jamais entendu HPB ou Michel Ohayon s’excuser auprès des salariés licenciés...

L’avenir des emplois dépend donc de la décision finale du tribunal de commerce de Grenoble, attendu le 28 avril prochain.

Lorsque la vente sera entérinée, nous allons pouvoir poursuivre les négociations. Les salariés attendent cela. Si le retrait de HPB est source de contentement, un changement de propriétaire est toujours angoissant, témoigne Christophe Lavalle. Une réjouissance demeure, la marque Go Sport ne disparaîtra pas, Intersport devant préserver une vingtaine de boutiques sous cette appellation.

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