18 février 2015 : journée internationale de défense du droit de grève, FO la soutiendra et y participera !

La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°24 par Secteur Europe - International

Dans le cadre de la remise en question du droit de grève à l’OIT, la Confédération Syndicale Internationale a lancé une grande campagne afin de défendre ce droit, fondamental pour les salariés. Le droit de grève est un fondement solide et essentiel de la démocratie et de la justice économique, rempart contre l’injustice et l’exploitation.

Dans un courrier à ses affiliés, la CSI dénonce le fait que les groupes d’employeurs dans le monde entier essaient à présent de « saper le droit de grève », tentant de facto « d’aggraver pour toujours le rapport de force sur le lieu de travail et dans la société ». Le droit de grève est à ce jour inscrit dans la Constitution de nombreux pays.

La CSI met ainsi en lumière la stratégie développée par les employeurs : après avoir remis en question depuis 2012 ce droit au sein même de l’OIT, revenant ainsi sur une reconnaissance juridique de ce droit depuis plus de 50 ans. Une fois ce droit défait au niveau international, il ne restera aux groupes employeurs qu’à démanteler ensuite les lois nationales garantissant ce droit légal.

La convention 87, au travers de laquelle le droit de grève est contestée, fait partie des huit conventions fondamentales qui ne nécessitent pas de ratification des États membres de l’OIT pour être appliquées et pour demander aux États d’en être redevables devant les organes de suivi et de contrôle de la mise en œuvre des normes internationales que sont le Comité de la Liberté Syndicale et la Commission d’Application des Normes de la Conférence. Les conventions ont valeur de traités internationaux et engagent les États à mettre en conformité leur législation avec le droit international. Rappelons que les conventions sont adoptées de façon tripartite à l’OIT.

La CSI a donc décidé de faire pression sur les gouvernements afin qu’un recours pour avis soit déposé devant la Cour de Justice Internationale sur la question du droit de grève dans le cadre de la convention 87. Cette possibilité est inscrite dans la Constitution de l’OIT. FO soutient cette initiative lancée dans le cadre de la CSI.

Remettre en cause le droit de grève, c’est remettre en cause la possibilité des salariés d’instaurer un rapport de forces et les priver de la possibilité, dans ce cadre, de faire valoir leurs droits.

Ce rapport de forces entre salariés et employeurs a lieu parallèlement aux négociations de traités internationaux (TTIP, Tisa, UE-Canada...) qui font primer les intérêts économiques sur les droits des salariés et qui proposent de placer les États sous la tutelle des grandes entreprises via un système de tribunaux d’arbitrage pouvant avoir un impact loin d’être négligeable sur les législations des États. Cette remise en question a lieu au moment où, en France, le Medef remet en question la convention 158 sur le licenciement, ratifiée et mise en œuvre par la France, et où les CHSCT et les CE sont eux aussi remis en cause.

FO a donc décidé de soutenir et de participer activement à la campagne de la CSI pour la défense du droit de grève le 18 février prochain. La démocratie est une lutte de chaque jour. Défendre le droit de grève, défendre la liberté d’expression, défendre le rapport de forces, c’est défendre le droit de grève.

 Voir en ligne  : La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°24 [PDF]

Sur le même sujet

Jean-Claude Mailly : « Je comprends les salariés de Sanofi »

RFI | Mardi 24 février 2015 par Jean-Claude Mailly

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, commente la réforme du dialogue social en France et les chiffres du chômage de janvier. « J’ose espérer que le gouvernement ne va pas reprendre quasi-totalement le texte qui est allé à l’échec », lâche t-il sur RFI. « S’il s’amusait à ça, ce serait (...)

La « réformite » ou la maladie de la réforme

Éditoriaux de FO par Jean-Claude Mailly

Une réunion s’est donc tenue à Matignon sur le dialogue social, à la suite de l’échec de la négociation entre syndicats et patronat. Même s’il n’y est pas obligé, le gouvernement est en droit de se saisir du dossier.
Les deux points délicats concernent les IRP et la représentation des salariés des TPE. (...)

FO dénonce une remise en cause des IRP et des syndicats

Emploi et Salaires par Clarisse Josselin

FO a émis un avis négatif sur le projet de loi. Elle a été consultée par le ministre du Travail le 10 avril, comme les autres organisations, dans le cadre de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC).
« Derrière cette réforme se cache une remise en cause des IRP et des syndicats », a (...)

Ordonnances : Ni partisans ni complaisants mais déterminés pour les droits des salariés

Tract

En 2016, FO n’a eu de cesse de dénoncer l’absence de concertation sur la loi Travail (loi « El Khomri »). FO avait d’ailleurs déposé un recours au conseil d’État, considérant que le gouvernement n’avait pas respecté l’article L1 du Code du travail qui lui imposait de soumettre à la concertation des interlocuteurs sociaux toute réforme sociale envisagée.