Areva : l’été risque d’être chaud

Emploi et Salaires par Evelyne Salamero

Les salariés du centre CEA Le Ripault (38) lors de leur rassemblement à Paris le 9 juin. © F. BLANC

désengagement L’avenir du groupe Areva, fleuron de la filière nucléaire française, dont le capital est contrôlé à 87 % par l’État, reste des plus incertains et les 4 000 suppressions d’emplois annoncées par la direction sont toujours à l’ordre du jour.

Certes, au lendemain d’une grève suivie par plus de 90 % des effectifs sur les sites industriels du groupe, l’Élysée a annoncé le 3 juin que l’État recapitalisera le groupe Areva. Éloignant ainsi le spectre de la cessation de paiement face à une dette de 7 à 8 milliards d’euros. Mais l’Élysée a aussi annoncé la vente d’Areva NP (la filiale du groupe dédiée aux réacteurs) à EDF. « C’est une scission du groupe qui ne répond pas aux vrais besoins », dénonce José Montes, coordinateur FO Areva. EDF a exclu toute prise en charge du risque financier lié au chantier finlandais de l’EPR d’Olkiluoto 3, qui accumule retards et surcoûts et sur lequel plane une procédure d’arbitrage international avec le donneur d’ordre finlandais TVO. « Ce type de garantie ne peut être apportée que par l’État », souligne José Montes.

« On va être obligé d’intensifier le rapport de forces »

Le désengagement de l’État a aussi des effets sociaux dévastateurs, avec notamment un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) prévoyant 4 000 suppressions d’emplois. La négociation des 9 et 10 juin a débouché sur son report à juillet au lieu de juin. Le 11 juin, le coordinateur FO alertait : « On nous dit qu’il n’y aura que des départs volontaires. Mais depuis le 3 juin Areva a autorisé des procédures de licenciements secs dans plusieurs de ses entreprises de moins de 50 salariés […]. On va être obligé d’intensifier le rapport de forces […]. Si besoin, nous rameuterons les salariés qui ne seront pas partis en vacances, même s’il faut fermer les établissements. » -

Photographies : F. Blanc / FO Hebdo


Focus : Mobilisation contre la fermeture du centre CEA Le Ripault
Plus de 250 salariés du centre CEA (Commissariat à l’énergie atomique) Le Ripault à Monts (Indre-et-Loire) ont manifesté le 9 juin à Paris, aux abords du ministère de la Défense, à l’appel de FO et de cinq autres syndicats, contre le projet de fermeture du centre annoncé le 27 avril. 50 % du personnel était en grève. Des salariés de sous-traitants étaient présents (le centre génère un millier d’emplois indirects). Une nouvelle grève est prévue le 18 juin, avec un rassemblement devant la mairie de Monts.

Evelyne Salamero Journaliste à L’inFO militante - Rubrique internationale

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