Les délégués sont intervenus pour alerter sur la situation dans les entreprises, où, souvent du fait de politiques d’économies ou de coupes budgétaires, les conditions de travail se dégradent et les droits sont attaqués. Dans l’aérien, Stéphane Salmon a mis un coup de projecteur sur les hôtesses et stewards, qui font face à des logiques économiques de plus en plus brutales
, et une volonté de dégradation générale et des conditions de travail
, notamment dans les compagnies low cost. Derrière les billets à bas prix, il y a trop souvent un coût social extrêmement élevé
, a-t-il expliqué, dénonçant des directions qui cherchent à contourner ou limiter l’application du droit du travail français
. Cela se traduit par des contrats précaires, des pressions sur les salariés, des entraves à l’action syndicale, et une remise en cause permanente des droits fondamentaux
. Il a également apporté son soutien aux salariés de la compagnie French Bee, qui viennent de déposer un préavis de grève.
Dans le nettoyage, les salariés font les frais de la logique de casser les prix pour remporter les marchés. C’est un système organisé pour mettre les salariés en concurrence
, a dénoncé Nadia Jacquot, en charge du secteur à la Feets-FO. En Martinique, une grève dure depuis désormais un mois dans les transports, suite au refus des employeurs d’appliquer la convention collective nationale des transports urbains, comme l’a dénoncé Eric Bellemare, secrétaire général de l’union départementale. Dans le maritime, des camarades se battent encore pour la liberté syndicale. Deux salariés sont en cours de licenciement pour leur appartenance à FO
, a averti Etienne Castillo, secrétaire fédéral à la Feets-FO.
Un combat est en cours chez les salariées de l’association d’aide à domicile « Bien chez soi », en grève illimitée. Elles dénoncent notamment leurs conditions de travail et la pression constante exercée par la direction. Stéphanie Prat-Eymeric, de la FGTA-FO, a rappelé le long combat mené pour obtenir un accord sur la mise en place d’un régime de prévoyance pour les salariés non-cadres dans la branche des entreprises du service à la personne. Agréé en janvier dernier, il entrera en vigueur au 1er mai prochain.
Surcharge de travail et perte de sens
Gérard Dizzazo, représentant les territoriaux d’Aulnay-sous-Bois, a, comme de nombreux délégués, réaffirmé son refus de l’école inclusive sans moyens adaptés, et dénoncé la fermeture des établissements spécialisés. Selon une enquête menée par le syndicat, dans certaines écoles maternelles de la ville, il y a quinze ou vingt enfants porteurs de handicap pour deux ou trois AESH. Ce sont les Atsem qui compensent les manques, on leur dit débrouillez-vous. Ce n’est pas seulement un manque de moyens, c’est une mise en danger pour les enfants, les personnels et le service public
, a dénoncé le militant. Dans l’Education nationale, des milliers de postes vont être supprimés, conséquence du budget d’austérité pour 2026. Laure Chebardyn, Spaasen-FO49, qui représente les personnels administratifs de l’Education nationale, a alerté sur la situation de surcharge de travail, de perte de sens et de risques de burn-out. Les personnels craquent et tentent de quitter l’Education nationale par tous les moyens, détachement, rupture conventionnelle, et même démission. Face à cela, pied à pied, nous ne lâchons rien
, a assuré la militante. Les ingénieurs de l’Agriculture et de l’Environnement aussi sont en souffrance. Aurélie Schell, du SNIA-FO, a évoqué le « malaise profond » de ces agents de l’État, cadres intermédiaires ou supérieurs. Nous sommes pris en étau entre des injonction contradictoires parfois hors sol et des équipes en souffrance que nous soutenons chaque jour, du fait de la politique d’austérité. Surcharge, épuisement, perte de sens. A force de porter seuls, même les plus solides finissent par vaciller. Mais ils ne sont pas seuls, FO est là, à leurs côtés
, a ajouté la militante.
FO, ce sont aussi des salariés qui se battent pour sauver leur emploi. A chaque fois qu’on a été sollicités pour soutenir sur le terrain les camarades en lutte ou qui se battent contre les fermetures de sites, nous nous sommes mobilisés, comme récemment chez Orangina à la Courneuve
, a rappelé Frédéric Souillot. La confédération soutient également les salariés de Fibre Excellence, usine de pâte à papier menacée de fermeture, mettant en péril près de 700 emplois directs.
Le 1er mai ne se négocie pas
FO alerte depuis déjà longtemps sur la crise qui frappe le secteur automobile. Le combat doit continuer et s‘intensifier
, a prévenu Yann le Pêcheur, de chez Valéo, notamment pour protéger les emplois. Chez Valéo, les plans sociaux se sont multipliés ces trois dernières années et nous ne sommes pas au bout du chemin
a alerté le militant, appelant à un soutien et une protection de la part des pouvoirs publics, en France comme en Europe. Le commerce aussi est durement frappé. Ainsi, chez Alinéa, Jennifer ou Monoprix, des milliers de salariés ont payé le prix fort
, a dénoncé Carole Prioult, du commerce parisien. Grande ou petite entreprise, à force de se structurer financièrement, on s’éloigne de ce qui fait l’essence même du commerce et de la valeur du travail et à force les salariés deviennent des numéros toujours chargés de faire remonter le cash. A la fin, l’emploi devient la variable d’ajustement
, a ajouté la militante. Chez Carrefour Market, où la location gérance progresse, entrainant une dégradation progressive des conditions de travail et une perte de droits pour les salariés, FO a agi au plus haut niveau de l’État pour permettre l’intégration des organisations syndicales au sein du Conseil national du commerce. La FGTA-FO y revendique notamment la mise en place systématique d’une clause sociale garantissant le maintien des acquis sociaux des salariés en cas de cession des magasins.
Défendre les droits des salariés c’est aussi se battre pour un 1er mai férié et chômé. Le 1er mai n’est pas un jour comme les autres, c’est le symbole de nos luttes. Comme le travail du dimanche, il ne se négocie pas
a ajouté Carole Prioult. On ne peut pas accepter qu’on touche à la journée internationale des travailleurs
, a renchéri Julien Dehodencq, de l’action sociale.
La mobilisation des syndicats a fait reculer le gouvernement dans sa tentative de légiférer pour faire travailler davantage de salariés le 1er mai, une petite victoire
selon Frédéric Souillot. Le débat s’est reporté sur des négociations de branche. Et le secrétaire général de rappeler La confédération défendra jusqu’au bout
la journée internationale des droits des travailleurs, qui fête cette année ses 120 ans.
