L a porte du dialogue social s’entrouvrirait-elle chez Eurenco ? Chez ce fabricant de poudres et explosifs pour l’armement, les salariés multiplient les grèves et rassemblements depuis le 20 janvier, à l’appel notamment de FO. Ils refusent le résultat des NAO conclues en décembre dernier par une décision unilatérale de l’employeur et prévoyant, pour 2026, une augmentation générale de 1,2 % pour les non-cadres et de 0,3 % pour les cadres.
Leurs revendications restent inchangées pour les salariés des deux sites, à Sorgues (Vaucluse) et Bergerac (Dordogne) : une augmentation générale de 130 euros brut par mois pour tous, l’embauche d’une centaine d’intérimaires, l’amélioration de la prime d’ancienneté et une meilleure prise en charge de la mutuelle par l’employeur.
Un appel à amplifier le mouvement
Fin février, alors que le dialogue social était toujours au point mort, les délégués syndicaux ont envoyé une lettre ouverte au P-DG pour lui demander une audience. Dans un contexte où l’entreprise affiche des résultats et des perspectives d’avenir solides, malgré de multiples demandes de discussion auprès des directeurs et des DRH de site, le directeur général n’a toujours pas déclenché de véritables discussions permettant de trouver des solutions concrètes à la sortie de ce conflit
, déploraient-ils. Un appel à l’ouverture de négociations a aussi été porté par Valéry Michel, secrétaire général de la fédération FO-Défense, auprès du cabinet du ministère de la Défense.
Dans sa réponse envoyée le 5 mars, le P-DG d’Eurenco annonce que les trois syndicats de l’entreprise seront reçus par le directeur général France. Cette rencontre aura lieu le 19 mars.
On risque de ne pas nous proposer grand-chose lors de cette réunion, car dans son courrier, le P-DG réitère sa confiance au directeur général et il considère que ce dernier a déjà fait de très bonnes propositions
, relativise Jérémy Durou, délégué central FO chez Eurenco.
Dans l’attente de la réunion, les syndicats ont voulu maintenir la pression et ont appelé à amplifier le mouvement. Une centaine de salariés ont participé à de nouveaux rassemblements le 6 mars. Une autre mobilisation a eu lieu les 10 et 11 mars, et un nouvel appel à la grève a été lancé du 17 mars au soir au 19 mars à 20h.
