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International : la défense du droit de grève, une priorité immédiate. Rendez-vous le 18 février

, Evelyne Salamero

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© F. Blanc / FO Hebdo

L’activité syndicale internationale a été une nouvelle fois très présente ce mercredi au congrès. Trois tables rondes se sont tenues le matin avec une trentaine de responsables de vingt organisations syndicales, venus de quinze pays. Deux d’entre eux, du Burkina Faso et du Brésil, sont intervenus à la tribune dans l’après-midi.

« Emploi, réindustrialisation, salaires et inégalités », puis « Multinationales, sous-traitance et défis de la santé et de la sécurité au travail », et enfin « Syndicats, dialogue social et droits fondamentaux » : tels étaient les thèmes des trois tables rondes organisées ce matin avec les invités internationaux au congrès.

Opposer une stratégie globale à celle des multinationales

Du Japon, où les relations sociales sont très différentes du modèle européen dans la mesure où elles sont fortement décentralisées à l’échelle des entreprises, comme l’a expliqué la représentante de la centrale Rengo, au Sénégal et au Burkina Faso, en passant par l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Bulgarie ou encore le Brésil… Partout, par-delà les particularités liées à l’histoire de chaque pays, le même constat a été dressé par les responsables syndicaux : il leur faut parvenir à opposer une stratégie globale à celle des employeurs et des gouvernements qui, quelle que soit leur couleur politique, agissent de plus en plus en faveur des entreprises, au détriment des travailleurs.

Face aux multinationales, « cela doit passer par des accords-cadres internationaux entre organisations syndicales », a suggéré le représentant de la CUT brésilienne avant d’expliquer qu’il existe déjà dans son pays des « réseaux entre les syndicats nationaux et les syndicats allemands des entreprises allemandes implantées au Brésil ».

300 syndicalistes espagnols poursuivis pour fait de grève

La défense du droit de grève, actuellement objet d’une attaque concertée à l’échelle internationale de la part des employeurs dans le cadre de l’OIT (Organisation internationale du travail), fait sans précédent, est une préoccupation majeure pour les responsables syndicaux qui ont tous indiqué qu’ils préparaient une forte mobilisation pour le 18 février prochain, à l’appel de la CSI (Confédération syndicale internationale).

En Espagne, par exemple, des manifestations auront lieu dans les capitales de toutes les provinces à l’appel de l’UGT et de l’autre confédération, les Commissions ouvrières (CC OO), a indiqué la représentante de cette dernière. Des assemblées générales auront lieu dans les principales entreprises. L’Espagne est le pays européen où le droit de grève est actuellement le plus remis en cause, le gouvernement y appliquant avec un zèle particulier une législation datant de la dictature. Quelque 300 syndicalistes espagnols sont actuellement poursuivis en justice pour fait de grève, certains encourant, ce qui est inédit depuis la dictature, des peines de prison ferme. « Il faut défendre le droit de grève comme si c’était notre ultime ligne de combat ! », a lancé le représentant de la CGTP (Portugal).

Au nom de la crise…

L’ensemble des syndicalistes a constaté qu’employeurs et gouvernements « ont profité de la crise », pour reprendre les termes du responsable syndical bulgare, pour non seulement remettre en cause les acquis sociaux des salariés, mais aussi le droit syndical et de négociation collective, au nom de l’austérité.

Le responsable de la confédération sénégalaise a ajouté : « L’Europe vit aujourd’hui ce que nous avons vécu dans les années 80 où au prétexte de la dégradation des termes de l’échange et de la dévaluation du franc CSFA, le FMI a imposé des plans d’ajustements structurels aux pays africains, ce qui a notamment entraîné des destructions d’emplois massives et la fin des régimes de retraite par répartition, là où ils existaient, comme au Sénégal, au profit de la capitalisation. »

« La précarité et le chômage sont les armes du capitalisme pour nous affaiblir. Mais nous pouvons vaincre en nous unissant », a déclaré Hector Danito Apipe, du syndicat brésilien Força Sindical, à la tribune du congrès quelques heures plus tard.

Paul Kabore, président de l’Organisation nationale des syndicats libres (ONSL) du Burkina Faso et de l’Union pour l’action syndicale (UAS), qui rassemble toutes les centrales syndicales du pays, a souligné, devant l’ensemble des délégués du congrès, l’importance « majeure » des thèmes retenus lors de ces tables rondes pour « faire face aux défis qui ne sont pas propres à la France ni à l’Europe ».

En un geste très symbolique il a offert deux statuettes, une à Jean-Claude Mailly et l’autre à Andrée Thomas, Secrétaire confédérale chargée du secteur international. La première représente la princesse Yennega, une amazone qui a défendu le Burkina Faso contre les invasions il y a des siècles. La seconde représente une femme qui apprend à lire, avec son enfant.

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