La très timide évolution de la Commission européenne vers la relance budgétaire

Europe par Secteur Europe - International

Le 16 novembre, la Commission a publié plusieurs textes dont l’examen annuel de la croissance qui lance le semestre européen 2017, ce cycle de surveillance des politiques macroéconomiques des États membres dont l’aboutissement consiste fin mai en une série de recommandations. Pour l’essentiel, la Commission reste malheureusement fidèle aux orientations passées : poursuite de la rigueur budgétaire et réformes structurelles visant notamment la dérèglementation du marché du travail. Mais un texte supplémentaire laisse entrevoir une légère évolution de la doxa européenne en matière de politique budgétaire.

Lettre n°37
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En effet, un changement de ton commence à s’opérer dans le discours européen. Reconnaissant que la croissance reste fragile, l’inflation faible, les déséquilibres extérieurs importants, le chômage élevé et que le Brexit créé de nouvelles incertitudes, la Commission reconnait que la poursuite de l’expansion économique de la zone euro nécessiterait de s’appuyer de plus en plus sur la demande intérieure [1]. Ainsi, la Commission ouvre la porte à une politique budgétaire plus expansionniste, afin d’accélérer la réduction du chômage à court terme […] et augmenter la croissance potentielle à moyen terme dans la zone euro, tout en espérant des retombées positives pour l’économie mondiale.

Malgré cette évolution vers une politique budgétaire plus dynamique, la Commission appuie dans le même temps des deux pieds sur le frein. En effet, une telle orientation ne peut se faire qu’en liaison avec des réformes structurelles et doit rester modérée : l’expansion budgétaire recommandée par la Commission ne devrait pas aller au-delà de 0,5 % du PIB (soit environ 50 milliards d’euro) au niveau de la zone euro prise dans son ensemble. À 0,8% l’orientation pourrait être trop expansionniste, car elle pourrait induire une surchauffe indésirable dans certains États membres et serait contraire à l’objectif de préservation de la viabilité des finances publiques. Le naturel revient au galop… Et en application du mal nommé Pacte de stabilité et de croissance, seuls les États membres qui ont atteint leurs objectifs de réduction du déficit peuvent opter pour un soutien à la demande intérieure, les autres continuant à assainir leurs finances publiques

Force Ouvrière réclame depuis longtemps une révision du pacte de stabilité pour sortir du carcan budgétaire européen tout en revendiquant une politique de relance économique fondée sur la consommation, l’investissement, la création d’emplois et l’augmentation des salaires. Cette ligne prévaut désormais également à la CES, qui dans un communiqué, s’est inquiétée du fait que plusieurs États membres de la zone euro soient mis sous surveillance pour cause de déficits excessifs. Il y a encore trop peu de marge en matière de dépenses et nous renouvelons dès lors notre demande d’une révision en profondeur du PSC. Avant d’ajouter Les augmentations de salaires sont essentielles pour stimuler la demande intérieure. Sans plus d’argent dans la poche des travailleurs, l’Europe ne sera pas en mesure de parvenir à une croissance durable.

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