Portrait

Maley Upravan (Pimkie) : « Aider les autres à ne pas subir »

, Nadia Djabali

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Durant ces premiers jours de l’année 2018, son téléphone n’a pas arrêté de sonner. Déléguée syndicale centrale chez Pimkie, elle n’a pas apprécié le cadeau de Noël concocté par la direction de l’enseigne : la première rupture conventionnelle collective de l’histoire.

On a créé la première section syndicale dans le réseau Pimkie en 1998. FO n’était présente que sur le siège. On m’a alors proposé neuf mois de salaire pour partir, se souvient Maley Upravan. Déléguée syndicale centrale dans l’enseigne appartenant à la famille Mulliez, cette militante de 55 ans a de quoi faire en ce début d’année.

Après un CCE et une séance de négociation, la direction de son groupe a abandonné son projet de recours à la rupture conventionnelle collective. Nous avons rééquilibré le rapport de force, se réjouit-elle, avant d’ajouter : Pour les négociations sur le plan de départs volontaires, nous ne nous laisserons pas rouler dans la farine. Une pétition sur le site change.org demande d’ores et déjà aux signataires de refuser les licenciements bradés et soldés.

Ne pas rester isolé

Arrivée il y a plus de 25 ans chez Pimkie, Maley Upravan prend sa carte à FO en 1998 et avoue avoir eu durant de nombreuses années le Code du travail comme livre de chevet. Desu de droit social en poche depuis 2013, elle siège également aux Prud’hommes. Qu’est-ce qui la fait courir ? Un goût immodéré pour la justice sociale.

Revers de la médaille : un an de burn out. Elle a repris le boulot en septembre, pour rapidement s’apercevoir que la direction préparait des suppressions d’emplois. Comment a-t-elle fait pour se retaper ? La famille et aussi l’aviron. J’habite au bord de la mer, alors je rame sur la méditerrannée. C’est une très bonne thérapie pour oublier les soucis. Le message qu’elle veut passer aux militants qui se sentent mal : Ne restez pas isolés, vous n’êtes pas seuls. Nous avons des appuis dans les UD, à la fédération ainsi qu’à la confédération.

Autre prix à payer pour son militantisme : un salaire qui n’a pas augmenté depuis 10 ans. Mais qu’importe : L’évolution que je n’ai pas eue en professionnel, c’est le monde syndical qui me l’a offerte.