Nathalie Flores-Laville, une AESH qui défend les droits de tous les enseignants

InFO militante par Clarisse Josselin, L’Info Militante

Article publié dans le cadre de la campagne Elections Fonction publique

Nathalie Flores-Laville, 55 ans, est accompagnatrice d’élèves en situation de handicap (AESH) depuis seize ans. Avec FO, elle se bat pour améliorer les droits de ces salariés souvent précaires et dont les conditions de travail ne cessent de se dégrader. Le 3 octobre, elle a été élue secrétaire générale du syndicat SNUDI-FO de Dordogne.

Il paraît que c’est la première fois que le poste de secrétaire général d’un syndicat SNUDI-FO départemental est occupé par une AESH, souligne Nathalie Flores-Laville, nouvellement élue à la tête du syndicat de l’enseignement scolaire du premier degré de Dordogne. En plus d’aider des enfants handicapés, je vais aussi pouvoir aider beaucoup d’adultes en détresse et leur rappeler qu’ils ont des droits.

Nathalie ne se destinait pas à travailler dans l’enseignement. Mais après des études supérieures en viticulture-œnologie, elle n’a pas trouvé d’emploi dans son domaine.  À la fin des années 1980, c’était un milieu très fermé et très misogyne, explique-t-elle. Comme je n’étais pas fille de propriétaire, je n’avais aucune chance d’obtenir un poste à responsabilité.

Elle opte pour le bénévolat et devient élue locale durant treize ans tout en élevant ses enfants. En 2007, elle apprend que des postes d’Assistant de vie scolaire (AVS, ancêtre des AESH) sont à pourvoir. Aimant être au contact des enfants, elle postule sans trop savoir à quoi s’attendre. Elle est embauchée et prend son premier poste après une formation de soixante heures.

Sa mission, accompagner des enfants porteurs de handicap moteur ou mental, ou avec un retard scolaire, pour leur permettre de suivre une scolarité en milieu ordinaire. À chaque enfant ses besoins. Pour certains, cela consiste en une aide à la mobilité. Pour d’autres, on reformule les consignes de l’enseignant, on élabore des stratégies pour leur donner envie de travailler ou reprendre confiance en eux, explique l’AESH, en CDI depuis 2014. Nathalie reste en contact avec la moitié de ses anciens élèves. Sa grande satisfaction est d’avoir rendu autonomes trois d’entre eux.

Forte dégradation des conditions de travail

Elle a adhéré à FO en 2016, après avoir assisté à une réunion d’information syndicale dans un collège. Elle découvre alors l’action syndicale. Deux ans plus tard, elle entre à la commission exécutive du SNFOLC de Gironde, où elle résidait alors. Chez FO, il n’y a aucun jugement, on ne fait pas de politique et il y a un investissement fort des camarades, explique-t-elle.

Elle lutte pour défendre les droits des AESH, en grande majorité des femmes, et exiger pour ces contractuelles précarisées un statut de fonctionnaire. Le salaire d’embauche est de 850 euros pour vingt-quatre heures hebdomadaires, avec un emploi du temps haché et plusieurs enfants à suivre en même temps.

Outre les difficultés financières, Nathalie dénonce une forte dégradation des conditions de travail. Nous avons de plus en plus d’enfants qui relèvent de soins psychiatriques et qui devraient être en établissement spécialisé, mais faute de place, on les laisse en milieu ordinaire, raconte-t-elle. C’est très compliqué, nous ne sommes pas du tout formées pour ça. S’y ajoute un manque de reconnaissance. Les directions leur demandent souvent de gérer les enfants perturbateurs au lieu d’exercer leur mission. Les démissions se multiplient.

À la tête du SNUDI-FO, Nathalie va désormais se battre aussi pour les droits de tous les corps au sein de l’enseignement du premier degré. Elle vient pour cela d’obtenir une décharge syndicale d’un jour par semaine. Si tout reste à faire dans son syndicat encore peu développé, son premier objectif va être d’aller dans les écoles et de faire campagne pour les élections professionnelles de début décembre dans la fonction publique.

Clarisse Josselin Journaliste à L’inFO militante

L’Info Militante

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