Prisons : ça chauffe à l’ombre

Revue de presse par Michel Pourcelot

Prison de Fleury-Mérogis. Par ThomonTravail personnel, CC BY-SA 4.0

Les problèmes de l’univers carcéral, surpopulation et manque de moyens notamment, ont une nouvelle fois été mis en lumière à la suite de mouvements de protestation du personnel pénitentiaire. La presse s’est penchée au-dessus des hauts murs. Aperçus.

Libération
Le feu couvait depuis quelque temps. Cette fois-ci, des palettes brûlent à l’entrée de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), à quelques mètres des pelouses sur lesquelles broutent des moutons noirs. Derrière les murs, s’entassent 1 080 détenus dans un établissement qui compte 587 places. C’est, entre autres, pour dénoncer cette surpopulation carcérale record que trois organisations syndicales ont appelé jeudi matin au rassemblement devant la prison francilienne. Une soixante de surveillants venus de toute la région ont répondu présents. Ici comme ailleurs.

Le Parisien
Ainsi, les surveillants en colère de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) ont, quant à eux, décidé mercredi soir de maintenir la pression sur l’administration pénitentiaire, avec de nouvelles actions à venir pour protester contre l’agression de six gardiens dans la plus grande prison d’Europe. Les surveillants ont décidé en assemblée générale d’aller jusqu’au bout et de poursuivre leur mouvement, a déclaré Thibault Capelle, du syndicat FO Pénitentiaire (minoritaire). Lundi, 350 d’entre eux avaient bloqué l’accès à la prison. Il y aura des petites actions toute la semaine prochaine, comme des distributions de tracts par exemple, mais pas de nouveau blocage, a expliqué Thibault Capelle. Les surveillants veulent une nouvelle rencontre avec la direction de l’administration pénitentiaire, qui est venue entamer des négociations mardi. Sans rendez-vous d’ici vendredi 21 avril 10h, ils menacent d’aggraver leur mouvement. Même avertissement si les négociations débouchent sur une impasse. Une porte ouverte serait préférable.

L’Express
D’autant que l’air devient irrespirable : pour Blaise Gangbazo, secrétaire général CFTC Justice, qui évoque des conditions de travail non seulement dégradées mais dégradantes, tant qu’on ne désencombrera pas l’établissement, où la surpopulation oblige certains détenus à dormir sur des matelas au sol, dans des cellules à trois voire plus, entraînant de plus en plus d’agressions entre détenus. Les gardiens cherchent à alerter l’opinion publique et les familles car les surveillants comme les détenus sont en insécurité totale à l’intérieur de la prison, a-t-il ajouté. On n’est plus en mesure de déceler la radicalisation, a poursuivi le représentant syndical, qui demande en urgence au moins 30 agents supplémentaires à Villepinte. Les incarcérations montent, mais pas les moyens.

Marianne
Résultat : Les premiers à faire les frais de ces bagarres, ce sont évidemment les surveillants. Moins nombreux, parfois seuls pour une centaine de détenus, ce sont eux qui trinquent. Désarmés, avec leurs seules mains pour se défendre, ils font face à toutes sortes d’objets contondants plus ou moins meurtriers. Avec à la clef des blessures, surtout quand les détenus s’y mettent à plusieurs, comme ce fut le cas à Fleury-Mérogis, la plus grande prison d’Europe, il y a quelques jours : une altercation entre huit mineurs et les surveillants a fait six blessés parmi ces derniers, provoquant le blocage de la maison d’arrêt. Et l’irruption dans le débat public de la prison, sujet soigneusement mis sur la touche par tous les candidats. Un sujet qui pourtant ne veut pas rester à l’ombre.

Michel Pourcelot Journaliste

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