Surchauffe dans les CARSAT : Les personnels et les pensionnés paient au prix fort la politique gouvernementale

Les communiqués des fédérations par FEC FO

FO ne pose pas ce constat par rapport aux conditions climatiques actuelles, mais bien face à la situation catastrophique dans laquelle s’enfonce la branche vieillesse du fait de la politique gouvernementale.

La réforme des retraites Macron-Borne, rejetée par les travailleurs de ce pays, n’en finit pas de produire ses effets dévastateurs sur les personnels et les pensionnés. Depuis le début de l’année 2026, nous assistons en effet à une aggravation des conditions de travail due au décalage de cette réforme, dont FO continue de revendiquer l’abrogation. Depuis le mois de janvier, le stock d’entrée de dossiers explose, alors que les prévisions de la CNAV parlaient d’un pic d’activité fin 2026, début 2027.

Les salariés des CARSAT subissent depuis plusieurs années les réformes et contre-réformes de la retraite, Ils sont confrontés aux incessantes évolutions législatives qui viennent s’entrechoquer. Pour illustrer le propos, depuis 2023, les Conseillers retraite et référents techniques attendent, pour certaines typologies de dossiers, les décrets que la CNAV doit communiquer pour appliquer la nouvelle réforme.

Par exemple, le Minimum Contributif et l’Assurance Volontaire pour les Parents au Foyer, pour lesquels la CNAV met un « feu rouge » c’est-à-dire que les dossiers ne sont pas traités et les assurés ne perçoivent pas leur pension, ou s’ils en perçoivent une, elle n’est pas payée au bon droit. Des milliers d’assurés se retrouvent lésés par les atermoiements de la CNAV, parfois de plusieurs milliers d’euros.

SYRCA, l’outil dans lequel sont traités les dossiers retraites, présente 4 ans après son déploiement, de graves dysfonctionnements avec des incohérences et des blocages inexpliqués. Pour pallier ces problèmes techniques, les Conseillers retraite et référents techniques doivent user de solutions de contournement, qui parfois ne fonctionnent pas. Le traitement d’un dossier demande une charge cognitive très forte, tant la liquidation est complexe et changeante, avec des ordres et contre ordres permanents. Il n’y a plus de dossier simple, tout est compliqué.

Le décalage de quelques mois de la réforme des retraites met les CARSAT en tension maximale, car maintenant, il faut faire marche arrière. Les agents attendent les consignes de la CNAV pour traiter certaines typologies de dossiers, mais aussi, répondre du mieux possible aux questions légitimes des assurés. Par exemple, les Conseillers retraite et référents techniques attendent les directives de la CNAV. Celle-ci bloque les dossiers qui concernent la Retraite Anticipée pour Carrière Longue depuis des mois et les assurés attendent leur pension.

Ainsi, par exemple, 20 000 dossiers sont en souffrance en PACA, 10 000 en Midi-Pyrénées et en Centre-Val de Loire. Ce sont bien des dizaines et des dizaines de milliers de pensionnés qui sont concernés par cette politique d’agression !

Tout cela dans une situation où il est établi qu’une prestation sur 9 est mal payée, et où les indus s’accumulent, plongeant dans les pires difficultés de nombreux retraités !

De plus, face à l’incertitude de la situation liée aux réformes de retraite qui s’enchaînent, les contre-réformes, les assurés ont modifié leurs habitudes, de plus en plus demandent leur retraite à taux minoré et souhaitent partir plus tôt. Le nombre de demandes de retraites progressives est également en forte augmentation. Les plateformes téléphoniques sont à saturation, car d’une part, elles doivent faire face aux assurés mécontents, agressifs et désespérés qui parlent de suicide, car leur dossier est bloqué depuis des mois et qui se retrouvent dans des situations précaires. D’autre part, les téléconseillers ne disposent pas des informations pour répondre aux questions des assurés sur les évolutions législatives.

Par ailleurs, certaines cellules « enregistrement des demandes de retraite » implosent et sont submergées par le nombre d’entrées de dossier, une entraide systématique est alors demandée aux services de production. Face au constat criant du manque de ressources nécessaires pour assurer notre mission de service public, que fait la CNAV ? Elle aurait dû anticiper, dès 2025, et embaucher massivement pour absorber cette charge de travail accrue.

Il n’en est rien !

Lors d’une réunion à la CNAV, FO a interpellé son directeur sur les moyens à donner. Celui-ci a répondu avoir sollicité la tutelle. Première réponse, il sera éventuellement fait appel à des CDD. Pire, la trajectoire en cloche de la COG 2023-2027, implique que des postes seront à rendre fin 2027.

C’est inadmissible !

Comble du mépris, les CARSAT négocient la possibilité de rendre ces postes plutôt sur 2028, voire 2029 !
FO exige l’embauche massive de CDI.

Ces politiques mènent la branche vieillesse dans le mur et empêchent les collègues d’apporter un service public de qualité et attentionné. Les conséquences sur la santé des salariés de la branche sont graves : exposition au RPS, démissions, licenciements pour inaptitude à tout poste, ruptures conventionnelles, arrêts maladie. Les collègues s’épuisent au travail dans l’indifférence la plus totale de la CNAV.

Si les CARSAT ne s’effondrent pas, c’est uniquement grâce au travail acharné et à la conscience professionnelle de leur personnel !

Dans ce contexte, Force Ouvrière se tient plus que jamais aux côtés des collègues et dans l’intérêt des pensionnés pour organiser le rapport de force nécessaire afin de permettre de gagner sur les revendications et de mettre fin à la politique en cours de destruction de la Sécurité sociale.
 Abrogation de la réforme des retraites !
 Arrêt des suppressions de postes et embauches nécessaires en CDI pour faire face aux charges de travail !
 Arrêt des externalisations informatiques !
 Augmentation de la valeur du point !

FEC FO Employés et Cadres