La pauvreté s’enracine en France. C’est le constat dressé par l’étude de l’Insee parue le 9 juillet, portant sur l’année 2024. Selon l’étude, 9,8 millions de personnes occupant un logement ordinaire en France métropolitaine vivent sous le seuil de pauvreté monétaire en 2024, soit 15,4 % de la population. Pour rappel, le seuil de pauvreté pour l’Insee est fixé à 60 % du niveau de vie médian, soit 1337 euros par mois par unité de consommation en 2024. Le taux de pauvreté avait déjà bondi en 2023, (+0,9 point) et n’a pas donc pas reculé. Il est à son plus haut niveau depuis 1996, date de début de telles études. « L’intensité de la pauvreté » s’intensifie note aussi l’Insee. Les chômeurs restent particulièrement touchés (leur taux de pauvreté atteint 36,1 % en 2024), tout comme les familles monoparentales (34 %).
La pauvreté s’est singulièrement aggravée chez les enfants (22,4 %, + 0,5 point). Elle augmente aussi pour les travailleurs du bas de l’échelle. Les simples revalorisations automatiques du Smic restent insuffisantes. Le taux de pauvreté des salariés passe de 6,6 % en 2023 à 6,9 % en 2024. Et touche en particulier les ouvriers (15,2 %) et les employés (13,3 %).
Les plus riches… de plus en plus riches !
Autre signal alarmant : les inégalités atteignent un niveau record, le plus haut depuis trente ans. Sur fond d’inflation en recul en 2024 (+ 2 % contre 4,9% en 2023 et 5,2 en 2022), le niveau de vie médian, estimé à 2228 euros par mois pour une personne seule, a certes progressé de 3,8 % en euros constants selon l’Insee, qui souligne l’effet de la revalorisation des pensions de retraite de base en janvier 2024 (+5,3 %) et des revenus d’activité supérieurs à l’inflation. Ainsi que les effets de la redistribution. Mais le niveau de vie des plus aisés, tiré par la hausse des revenus du patrimoine, des placements et surtout des revenus issus des dividendes (en hausse de 32 %) a augmenté nettement plus vite. Les inégalités atteignent ainsi un niveau historiquement élevé en raison de la hausse des revenus du haut de la distribution
souligne l’Insee. De fait, en 2024, les 20 % de personnes les plus aisées ont perçu 4,6 fois plus (8,4% contre 38,8%) que la somme des niveaux de vie des 20 % de personnes les plus modestes.
