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Portrait statistique de la rupture conventionnelle

, Nadia Djabali

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Inexorablement, les statistiques du ministère du Travail enregistrent l’ascension du nombre de ruptures conventionnelles du contrat de travail. Un dispositif qui semble attirer de plus en plus de salariés et d’employeurs.

Si en 2009 les ruptures conventionnelles du contrat de travail s’élevaient à 197 487, en 2016 on en totalise déjà 283 000. Cette année, aucun mois n’est passé sous la barre des 30 000. Les estimations tablent sur 400 000 fin 2016.

Selon le Centre d’étude de l’emploi (un organisme rattaché au Cnam), en 2013 les ruptures conventionnelles du contrat de travail représentaient au total 17 % des fins de CDI. Soit bien moins que la moitié des ruptures de contrats, comme a pu l’affirmer Emmanuel Macron au printemps dernier alors qu’il défendait la loi Travail.

Ce type de rupture du contrat de travail est le troisième motif de départ. Avec un taux de 57 %, les démissions sont, de loin, le premier motif de rupture de contrat à durée indéterminée devant les licenciements (27 %).

Dans 46 % des cas, la raison invoquée pour une rupture conventionnelle est une mésentente avec la hiérarchie ou le chef d’établissement.

Plus formés et mieux rémunérés

En janvier 2015, une étude du ministère du Travail (Dares) montrait que plus d’un tiers des CDI étaient rompus avant un an. Dans ce cadre, les ruptures conventionnelles représentent 1,7 % des fins de CDI et les démissions 16,1 %. Et 12,7 % de ces fins de CDI sont conclues à la fin d’une période d’essai.

Quant au profil des allocataires chômage issus d’une rupture conventionnelle, avec un niveau bac + 3 à bac + 5, ils sont plus formés et touchent des rémunérations nettement supérieures à ceux qui ont été licenciés pour motif économique ou individuel.

Pour l’Unédic, les ruptures conventionnelles représentent 5 milliards de dépenses par an. Il s’agit du troisième poste de dépense de l’Assurance chômage.

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Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste. Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en (...)

Parties des chantiers navals de la Baltique en août 1980, les revendications ouvrières vont déferler sur la Pologne, finissant, après moult rebondissements, par affaiblir le régime communiste.

Les ouvriers polonais ont une longue tradition de luttes. Ils se sont déjà révoltés en 1956, 1968 et en 1970, lorsque, à Szczecin la grève paralyse les chantiers navals et qu’un comité de grève est élu démocratiquement avec à sa tête Edmund Baluka.

En juillet 1980, des grèves éclatent dans tout le pays suite à l’augmentation de 100% du prix de la viande. Mais l’étincelle vient d’un fait beaucoup plus mineur. Le 13 août, Anna Walentynowicz, une syndicaliste est licenciée des chantiers navals Lénine de Gdansk. Le lendemain, les 16.000 ouvriers débrayent, demandant la réintégration de l’ouvrière et une augmentation de 130 francs par mois.

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L’avènement du gorbatchévisme, la pression américaine et l’exceptionnelle résistancede la population obligent legénéral Jaruzelski à composer. Entre février et avril 1989, une table ronde réunit pouvoir et opposition. Aux élections semi-libres de juin, Solidarnosc obtient 161 sièges à la Diète. Peu après, le symbole de Gdansk, Lech Walesa, est élu président de la République. Mais alors commence une autre histoire...

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